A peine arrivée à La Havane, je décide de prendre un bus de nuit et de traverser le pays d'ouest en est de facon à me rapprocher plus près de la cote et d'un éventuel ferry pour la Jamaïque.
Santiago de Cuba, tout comme le reste du pays n'ouvrant pas ses portes maritimes au tourisme, je suis comme qui dirait "broucouille" pour ma visite en Jamaïque et contrainte d'attendre une petite semaine l'arrivée de Delphine. Je regrette un peu ce temps perdu que j'aurais pu passer à San Cristobal (Mexique) ou à Playa del Carmen pour travailler. Mais bon, ça me permet de reprendre un peu de force après trois semaines de course!
Ahhh!! Cuba... Une atmosphère unique en son genre! J'étais venue il y a 9 ans et rien ne semble avoir changé : très peu de voitures, si ce n'est les vieux tacots américains des années 20... les Cubains se déplaçant la plupart du temps en vélo ou à pied... Très peu de commerce : une épicerie sociale par ici, un magasin de produits de luxe par là, et quelques cocktails clubs... La queue devant le marchand de glaces (à 0,03 centimes d'euros)... Des écoliers en uniforme, des hommes sifflant des filles assis sur les marches... Et de la musique à chaque coin de rue : ça danse la salsa, le merengue ou le reggaeton à la casa de la Trova... ça chante dans le bus...
Le temps semble s'être arrêté...
Les Cubains font la fête et ont le sourire... malgré la situation socio-économique qui est la leur! En effet, la Révolution du Che et de Fidel semble avoir porté ses fruits et Raoul (aujourd'hui au pouvoir) ne prévoit pas de grand changement. L'embargo américain suit son cours, même si certains utopistes rêvent d'une entente avec Obama. D'un point de vue d'Européenne, j'apprécie grandement de me retrouver dans l'un des seuls pays au monde où le Mac Do et la compagnie Coca n'a pas sa place, et qui a sû gagner le combat contre la mondialisation!
Mais pour arriver à cela, il faut bien entendu payer le prix fort! Celui d'une liberté de penser et d'agir bafouée et d'une obligation de suivre à la lettre le système communiste, à savoir travailler pour l'Etat en échange d'un salaire minimum de 9 euros (un ingénieur gagne 20 euros par mois). Bien entendu et heureusement pour eux, l'éléctricité, l'eau et les transports sont quasi donnés et les Cubains ont un accès gratuit à la santé et à l'éducation. Ils ont aussi accès aux produits de base (farine, oeufs, légumes...) à moindre coût dans les épiceries sociales, qu'ils payent en pesos cubains.
Mais là où ça se complique, c'est que s'ils veulent se procurer des produits de luxe (importés), ils doivent payer en CUC (pesos convertibles, normalement réservés aux touristes!) De la voiture à l'ordinateur "hasbeen" en passant par le "parfum", la lessive ou le shampoing... le strict minimum est à leur disposition MAIS à des prix aussi voire plus chers qu'en Europe. Pour info, un salaire cubain est égal à 2 shampoings et 1 pack de lessive! Internet, à très bas débit, cela va de soit, est à 5 euros l'heure, et la communication téléphonique pour l'étranger à 3-4 euros la MINUTE! Tout est fait pour ne pas t'inciter à communiquer avec l'extérieur.
A côté de cela, le budget touristique est horriblement chèr... Nous payons la plupart du temps en CUC et illégalement en pesos cubains (que nous arrivons à changer sans problème dans les banques).
Bien entendu, le marché parralèle se développe (voiture particulière en guise de taxi, arnaque au change, internet chez les particuliers, vente de cigares de contre-façon ou volés...) Tout ça au risque de passer une bonne partie de leurs jours en prison. Malgré les contrôles de police, la prostitution est églalement omniprésente et il n'est pas rare de voir un étranger âgé ou "bien dégueu" avec une pure canon métisse!
Par ailleurs, Cuba est sûrement le pays d'Amérique latine le plus sécure où l'on peut sans soucis se balader seule à n'importe quelle heure de la nuit. Importuner un touriste = 5 ans de prison!
Lors de mon dernier séjour en 2000, je m'étais déja demandé pourquoi je n'étais pas à l'aise à Cuba malgré la gentillesse et l'accueil chaleureux de ses habitants... Peut-etre car les relations me paraissent superficielles... comme si derrière chaque conversation se cachait un désir immense de leur part de venir en Europe ou l'espoir qu'unjour, on leur envoie de l'argent ou un gros colis! On a beau être touriste fauché ou traveler en guenilles, pour eux, on est des touristes et on gagne au minimum 100 fois plus qu'eux! Ca me rappelle un peu l'Afrique... à la différence que là-bas, ils ont au moins tous une connaissance en Europe qu'il leur rappelle que ce pays d'accueil n'est pas l'El Dorado et ils te considèrent plus comme un frère. Ici, tu te sens différent... les Cubains gardent une certaine distance avec toi et se rabaissent... Et moi, ca me dérange!
Je n'aurai finalement pas le temps de m'ennuyer la semaine que je passerai dans la "casa particular" de Martin et Ezperanza... où je resterai enfermée pour écrire mon journal (abandonné depuis le Népal, soit 11mois), entre deux plats de riz-haricots rouges d'Esperanza et les Belles Histoires de Martin (descendant espagnol).
Le temps des retouvailles est enfin arrivé...(Ce voyage avec Del est anticipé depuis au moins deux ans). Je retrouve ma petite Delphine, pleine d'énergie, comme toujours, et parée pour l'aventure! Je suis contente de partager à nouveau mon voyage et sa motivation me redonne un peu de punch! Ça me fait tout drôle de la voir ici, après tant de temps sans se voir... Bien qu'en même temps, j'ai l'impression de l'avoir quitté il y a peu. On n'aura pas assez de la semaine qui suit pour se narrer toutes nos aventures (Delphine ayant passé 6 mois à Montréal) et nos premieres soirées seront bien animées.
C'est à Baracoa, petite bourgade au sud-est de l'île que nous passerons notre premiere soirée mémorable : mojitos à la casa de la Trova (café-concert à la cubaine), cuba libre au Malecon (bord de plage), quelques pas de salsa en compagnie de Chico y Roberto, pour finir en concours de break-danse avec les copains du village!
Après une halte culinaire à Bayamo (car osons le dire, les bons restaus ne sont pas monnaie courante à Cuba), nous passons quelques jours à Trinidad. Une soirée à errer dans les rues à la découverte des divers groupes de musique locaux : du spectacle de Rumba pour les touristes sur la grand place du village au concert improvisé au coin de la rue... La musique fait partie du quotidien cubain et c'est fort appréciable! S'ensuit une journée sport et quelques 30 killometres à vélo pour rejoindre la plage de playa Boca, où l'on essayera comme on peut d'éviter les gros relous qui viennent à la peche aux touristes! Trinidad, une belle petite ville coloniale aux rues pavées que l'on est pas prêtes d'oublier, surtout la succulente langouste de la copine de Marisol, que l'on dégustera pour 3 CUC chacune!
Pour rejoindre Viñales (au nord-ouest de Cuba), on fera une petite halte à Cienfuegos (ville coloniale très commerçante de l'île... il y a même 2 rues entières de vrais magasins!) ainsi qu'à la Havane, où l'on sera hébergé par une ancienne institutrice. Sur 7 instit rencontrés, 7 sont aujourd´hui reconvertis en hôte de casa particular... C'est bien plus rentable qu'un salaire à 9 euros le mois, on les comprend!
L'air conditionné dans le bus est tellement fort que je me chope une bonne crève-rhinopharyngite. Cela ne m'empêchera pas ni de faire la balade à cheval le lendemain, ni de savourer les bons petits plats de l'amie de Mereida, qui ne peut nous accueillir compte tenu des travaux qu'il y a chez elle, mais qui nous offre d'emblée un bon petit jus de mangue et une bouteille de vin blanc du pays. La balade à travers monts et rivières est forte agréable et on n'aura pas le temps de s'ennuyer : visite d'une fabrique de tabac, point de vue qui me rappelle Ninh Binh (Vietnam), dégustation de jus de coco, mojito et cigares au sommet!
Nous n'aurons malheureusement pas le temps de visiter la capitale puisqu'une autre aventure nous attend à la Havane. Soucieuse de mon état gripal mais surtout du passage de frontière où les douaniers pourraient me suspecter d'être porteuse du virus H5N1, je préfère ne pas tenter le coup d'être contrôler au dernier moment à l'aéroport et devoir de ce fait manquer mon vol. J'anticipe donc mon dépistage à la Havane et affole de suite notre hôte qui nous emmène à la polyclinique de quartier en urgence! Le médecin n'ayant pas le matériel pour me faire les examens sur place, il nous envoie à l'autre bout de la ville "en ambulance" dans un hôpital spécialisé dans les maladies tropicales.
Après moults examens, Delphine (qui a décidé de me suivre et se voit donc infliger le même traitement) et moi, sommes envoyées dans des chambres séparées mais heureusement avec balcon (au grand désespoir de l'infirmière qui nous voit communiquer sans masque et nous échanger notre bouteille d'eau)... avec en prime un pyjama à rayures et un masque de protection... jusqu'à l'attente de nos résultats... soit 24h!!!
On a bien entendu faire nos revendicatrices, telles de bonnes Françaises, histoire de les booster un peu et pour avoir nos résultats dans les temps afin de ne pas manquer notre avion... bien que le service nous assurait d'etre remboursées en cas de séjour prolongé! Nos résultats sont heureusement négatifs et on repart fièrement de l'hôpital avec une petite attestation et raccompagné par le Directeur en Peugeot ;-)
Une sympathique aventure pour conclure notre séjour à Cuba, pays qui ne laisse pas indifférent, et que l'on est autant pressées que tristes de quitter... Un pays qui restera aussi mon coup de coeur d'Amérique du Nord!!!
Photos :
1. Arrivée de Delphine, Santiago.
2. Fort Santiago de Cuba.
3. Eglise dans les environs de Santiago de Cuba.
4. A notre arrivée á Baracoa... VIP oblige!
5. Playa Boca, Trinidad
6. Perro caliente.
7. Comida tipica.
8. Punky iench.
9. Trinidad.
10. Zic de rue à Trinidad.
11. Rue de Trinidad.
12-17. Viñales.
18-20. La Havana.










De los Angeles, je me retrouve très vite à la frontière mexicaine. N'étant pas en manque de "tequila, sex o Marijuana", je ne m'arrête finalement pas à Tijuana et décide de tracer ma route.
Premier arrêt al Creel, où je serai contrainte d'y passer une petite semaine comme la banque ne m'accorde pas de retrait! Ne pouvant de ce fait profiter des nombreuses excursions que propose la région (canyon, lac, cascade, bassin d'eaux thermales), mis à part une petite balade à pied à l'église de San Ignacio... je passe la plupart de mon temps à chill out (farniente) le reste de la semaine Je fais la connaissance d'Angie, une Mexicaine de Guadalajara qui a récemment ouvert un petit café en ville, son copain british Carlos (mon colloc' à l'auberge), Roberto alias Bob (l'Américain sexagénaire sédentarisé au Creel depuis 4 ans) et bien sûr son chien Bush, qui nous suivait partout et qui n'était en fait pas le sien!
Je n'ai maintenant plus que deux semaines pour retrouver Delphine à Cuba, et comme je souhaite faire une halte en Jamaïque, il ne faut pas que je traine trop. Mais bon, je suis dans l'incapacité complète de ne pas passer au Chiapas... Je m'enchaine donc deux jours de bus non stop, avec une escale obligatoire à
Mexico D.F. pour les connexions avec le sud. Moi qui préfèrais ne pas y passer pour éviter de choper le virus du H1N1 qui se baladait encore sûrement dans les nuages de polution de la mégalopole... me voilà obligée d'y passer la nuit. Je suis vite rassurée en constatant que les porcs s'étaient remis de leur crève et que ce n'etait plus "le" sujet de conversation comme ce fut le cas une semaine auparavant.
Ah! Mi Chiapas querido! Du pur bonheur de revenir à San Cristobal de las Casas. Situé dans les montagnes du sud-est mexicain, le Chiapas a beau être une région très fertile et donc "la" région agricole du pays, c'est aussi une des régions les plus pauvres du Mexique. Les nombreuses communautés indigènes qui y vivent et y travaillent la terre sont encore aujourd'hui exploitées par les grands propriétaires terriens. La plupart d'entre eux vivent en dessous du seuil de pauvreté. Ce combat contre l'inégalité fut celui du Commandant Marcos et de ses compagnons Zapatistes lors de la révolution de janvier 1994. Aujourd'hui en stand-by ou en lutte "tranquille" . Ils se nomment les "Caracoles" (escargots... doucement, mais sûrement) et ils n'ont toujours pas baissé les bras!

Deux paysannes masquées d'un bandana gardent l'entrée du village. Mon rêve aurait pu s'arrêter là car je n'avais pas mon passeport sur moi. Mais à force d'insister auprès du gardien qui est à la réception, également masqué, je finis par entrer une fois sa demande faite auprès de ses suppérieurs. Puis, après avoir rempli des papiers, celui-ci m'emmène vers une maison en bois, où il me prie d'attendre sur un banc... La porte s'ouvre enfin après quelques minutes d'attente. Pour être autorisée à séjourner dans le village, je passe un entretien auprès de cinq officiers cagoulés (trois femmes et deux hommes). Ils me questionnent sur mes motivations puis nous abordons un échange fort intéressant concernant les projets et avancées du mouvement. Je suis agréablement surprise de voir comment les Zapatistes ont su s'organiser sans l'aide de l'Etat... De l'école à la pharmacie en passant par les coopératives artisanales, nos Caracoles se sont bien débrouillés. L'autogestion se passe bien. Et avis aux intéressés... La lucha sigue!!!
A défaut de ne pouvoir m'entretenir avec Marcos (caché dans ses montagnes), je fais quelques achats dans l'une des coopératives et me promène dans le sympatique village... Toutes les façades des maisons sont peintes de façon à promouvoir leur propagande révolutionnaire! Je suis comblée.
Je décide de ne pas m'arrêter à Playa del Carmen (car je me dis qu'il vaut mieux prendre le temps au retour) et préfère pousser jusqu'à Cancun. Je pensais qu'il y avait là-bas des ferries qui faisaient la traversée jusqu'en Jamaïque, mais comme ce n'est pas le cas et que les vols depuis Cancun sont extrémement hors de prix, je n'ai pas d'autres choix que de voler jusqu'à Cuba.
Histoire d'entretenir la réputation que rien ne m'est facile aux frontières, on m'accorde une petite séquence stress au moment d'enregistrer mes bagages : j'étais en effet rentrée illégalement et sans le savoir sur le territoire mexicain. Comme le visa américain m'autorisait un séjour de 90 jours aux USA et qu'il incluait le Mexique et le Canada, je pensais que ce visa était commun à ces trois pays, que c'était un accord entre eux. Je ne me rappelais pas avoir rempli de papier au Canada ni m'être fait tamponné mon passeport à l'entrée au Mexique. Et par ailleurs, comme le douanier Mexicain de Tijuana avait contrôlé mes bagages et mon passeport et ne m'avait fait aucune remarque, je ne m'étais pas inquiétée. Ah les blaireaux, si je puis me permettre : ça me vaudra une amende de 45 $ ! Et comme je n'ai pas le temps de négocier au risque de manquer mon vol, j'aligne cash les bifftons et saute dans l'avion!



J'étais venue à san francisco dans le but de trouver l'El Dorado et travailler quelques semaines. J'avais anticipé mon arrivée en negociant avec l'auberge de jeunesse "Union Square Backpackers." Quelques heures de ménage en échange d'un hébergement gratuit. C'est donc ce que je ferai durant deux semaines en compagnie d'Alan, employer de l'auberge qui me pistonnera et me fera faire divers travaux de ménage, peinture, plâtre, ponçage, joints de salle de bain , mécanique sur vélo, ramassage de rats dans la cave...
Je ferai ici de bonnes rencontres tout de même. Avec Cécile (Française expatriée au Canada, qui squattera par la suite en couchsurfing), je visiterai les spots touristiques de la ville (the Wharf, la rue en zig zag, Chinatown, Pier 39 et ses phoques), avec Lorena (Italienne expatriée à Paris), je marcherai sur le fameux Golden Bridge, et avec David (de St-Etienne), je ferai quelques tours de pédales dans les colinnes de SF! Et enfin, quelques bonnes soirées passées en compagnie d'Antonin (le Québequois), Harry (US) et Alisson (US).
Je retrouverai également mon petit Rodolfo, Costa Ricain que j'avais connu à Austin et que je n'avais pas revu depuis plus de 9 ans!
Que d'emotions! Il a beaucoup changé! C'est un homme maintenant, plus serieux qu'à l'époque où je l'ai connu avec Monica et Anaïd! Les soirées que l'on passera ensemble avec son copain Travis, seront consacrées au récit de nos vies passées et potins en tout genre.
Mais v'la ti pas que la veille de mon départ, Alain décide de pointer ses ailes a SF. Surnommé "la mouche" ou Alan the fly (pour les intimes Américains, Alain est jurassien et ami de mon frère à la base, et il fera très vite partie de la famille ;-)
Alors ça, si ce n'est pas une surprise... sacré Alain va!
Première halte au parc national de Yosemite où l'on fut obligé de camper dans un parc sécurisé, ou sinon les ours y zalaient casser not' voiture pour y bouffer les kellog's... et où je me suis fait une petite virée de plus de 12 h à travers monts et rivières, pour avoir le plaisir d'escalader le "Half Dôme" et admirer la vue de la Sierra Nevada. Spéciale dédicace au Tom de ma Ca!
Deuxième halte... lors d'un passage dans la Death Valley...même pas mort!
Après cette sympathique escapade de cinq jours, où l'on a répété plus d'une fois "qu'est-ce qu'ils sont sympas ces Americains!", je laisse Alain avec Samantha et Pamela, et pars avec Jason et Brandon en direction du Mexique!




















De tous les pays visités jusque là, je crois que c'est la première fois que j'appréhende autant de mettre le pied sur un territoire. Pour moi, l'Amérique rime avec crime : j'ai l'impression que chaque jeune a un flingue caché sous sa casquette et que le commerçant de la station service va se faire braquer à chaque fois que j'y mets les pieds. La faute à Hollywood et aux séries américaines à deux balles! Avantage ou inconvenient ? Tout me parait familier et ça ne me dépayse pas trop. Je suis quand-même tres impressionnée de me retrouver à New York.
Le lendemain, un lever super-matinal me permet de monter dans l'un des premiers bâteaux visitant "the Statue of Liberty". Pour les mêmes raisons que lorsque j´ai visité des chutes du Niagara, je suis un peu déçue en voyant la taille de la Dame! Mais tout de meme, quelle émotion!
La première demi-heure fut consacrée aux présentations des nouveaux membres de la paroisse entre deux hymnes Afro-américaines, ainsi qu'au récit ou chants des états d'âme des paroissiens sur un fond musical jazzy/blues au piano. Puis, vient le temps des chants Gospel où la dizaine de choristes parvient à te foutre la chair de poule en moins de deux, et entraìne la foule à pousser la chansonnette et à se prendre l'espace de quelques minutes, pour Whoopy Goldberg!
Puis, j'espère trouver un bar de jazz sympathique où passer l'après-midi, et là, comble de joie, je me retrouve au beau milieu du "New Orleans Jazz & Heritage festival." Je découvre en live les Brass band, fanfares afro-jazzy typique de Louisiane, joués la plupart du temps par des jeunes, souvent accompagnés par de plus jeunes qui jouent de la claquette. Ils poussent le public à faire vibrer ses hanches ou à partir dans des "battles." C'est tres prenant!
Puis Rony, le père de mon ancienne famille d'accueil, qui était au courant de ma venue, vient me chercher chez la cousine d'Anaïd et nous faisons la surprise à Xòchitl (sa femme), qui aura beaucoup de mal à le croire et qui m´en donnera les larmes aux yeux. Le couple n´a pas changé : pas une ride en neuf ans!
Les Kahan ont déménagé dans une spendide maison décorée par l'artiste Xòchitl (mozaïque et peinture)... un vrai musée! Rony a monté une nouvelle boîte de recherche d'emplois via le net (Indeed), avec un concept au travail très particulier où l'objectif est que tous les employers doivent se sentir comme à la maison : salon et cuisine à leur disposition, repas et boissons gratuites,TV et même jeux vidéos...
Ma plus grande surprise fut bien évidemment les retrouvailles avec Zoli et Eli, les enfants que je gardais (fille au pair pendant 6 mois) et qui avaient à l'époque 3 et 4 ans. Forcément, 9 ans après, ils ont bien grandi. Zoli, 13 ans, est un bel adolescent blondinet, passionné d'éléctronique : il me réparera tous mes casques, haut-parleur, lampe de poche qui trainaient en mauvais état dans mon sac. Quand à Eli, 12 ans, un beau pré-adolescent qui risque de faire fureur dans quelques années, a pour moi déjà l'âme d'un artiste, comme sa mère.
La petite semaine passe trés rapidement... je me sentais si bien chez eux. Je promets à Xòchitl et Rony de ne pas attendre encore 10 ans pour revenir les voir, et pars pour la Californie!







Pour arriver à Vancouver, je dois faire une escale à San Francisco. Et pour deux heures de transit à l'aéroport américain, j'ai dû anticiper ma venue et obtenir un visa éléctronique ETA. Celui-ci s'obtient sur internet et est censé faciliter les procédures d'entrées des Européens aux USA . Ce n'est en fait pas un visa mais plutôt une autorisation de séjour dans le pays de 90 jours, comprenant le Canada, le Mexique et les îles limitrophes. J'en avais dans tous les cas besoin pour la suite. A ma connaissance, les USA est le seul pays où bien que l'aéroport soit considéré comme une zone internationale, que tu sois en transit ou pas, tu es obligé de passer la frontière ! J'appéhendais beaucoup mon arrivée aux USA, n'ayant pas de billets aller-retour, ce qui avait valu à mon frère à l'époque, un petit séjour en salle d'intérogatoire de 48h pour refus de coopérer.
Bien vu l'aveugle, n'ayant pas de vol retour et ayant légérement dépassé mon visa en Inde, les douaniers me demandent d'aller au "secondary immigration" pour un checking en profondeur. Je ne parle pas là de fouille anale mais d'une simple recherche de fichiers concernant d'éventuels délits! Comme je m'y attendais beaucoup, je ne suis pas surprise... Je n'ai qu'à attendre. Finalement, les douaniers de la "secondary immigration" sont plus aimables que leur collègue : je serai interrogée avec le sourire... ça fait plaisir! Mon casier étant vierge, je suis libre assez rapidement, ce qui n'est pas le cas de mon voisin Canadien, qui ayant été contrôlé positivement à un test d'alcoolémie dans son pays il y a plusieurs années, se voit refuser l'entrée aux States! Avec tout ça. je manque quand-même ma correspondance pour Vancouver.
Comme j'ai du retard et arrive dans la nuit au Canada, je fais une petite sieste à l'aéroport... L'occasion aussi de mettre mon nez dehors et de constater le "grand" décalage climatique avec l'Australie... Ça calme direct! Je suis quand-même contente de revoir la neige et de respirer le bon air pur qui annonce de nouveaux flocons (remembering the Jura!)
Je suis doublement broucouille car je dois m'enchaîner trois jours de trajet pour atteindre la rive est du pays. Pourquoi j'ai atteri à Vancouver? Car je devais y retrouver un ami, qui entre temps a déménagé à New York...Tabernacle!
Heureusement, les passagers du bus mettront un peu d'ambiance durant ce long trajet.
Jour 1 : Le conducteur s'arrête en catastrophe sur le bas côté de l'autoroute car un jeune Canadien était en train de le frapper. But why? Car le conducteur n'avait pas voulu faire une pause clope, que le jeune était en manque de nicotine et qu'il n'a pu gérer son stress. Il s'est donc mis à fumer dans le bus... D'où l'embrouille. C'est finalement d'autres passagers qui le metteront dehors, en attendant l'arrivée des flics pour établir un constat.
Jour 2 : La police redébarque. Cette fois-ci, pour arrêter un autre passager qui voyageait à nos côtés depuis deux jours, accompagné de ces deux filles de 1 et 3 ans... qu'il avait en fait kidnapées.
Jour 3 : Je m'interroge... il va forcément se passer un truc... ce serait la moindre des choses. Et là, boum! carembolage sur l'autoroute (on était pas dedans heureusement) ce qui nous vaudra quand-même quelques 8 heures d'attente supplémentaires. Non d'un caribou!


Je quitte ensuite le Québec pour London, pour y retrouver deux amis connus en Australie : Alberto et Cindy, mes Salvadoriens chéris. Dans une ambiance très latino-américaine, je passerai deux jours en compagnie de leurs amis et famille. Quel bonheur d'être chouchoutée par Vitelio et Paola (les parents d'Alberto). Je découvre aussi le jeu vidéo karaoké lors d'une soirée entre potes. Le jeu où que tu chantes, que tu joues de la guitare ou de la batterie et que tu as plein de points qui vont avec!
