El Viaje de Julieta

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L'AFRIQUE (nov. /dec. 2007)

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lundi 25 février 2008

SAMEDI 22 DECEMBRE (MALI, Bamako)

villageA peine arrivee au Mali, les vrais emmerdes commencaient ... Le nombre d'heures que l'on a passe a negocier avec douanes et gendarmes est inimaginable!!! Lorsque l'on est en taxi, le chauffeur ne perd pas de temps a negocier: il paye le bakchich qu'on lui demande et basta... Ce n'est donc pas une prise de tete pour les passagers... L'histoire n'est pas la meme lorsque l'on est a bord d'une voiture conduite par des particuliers, qui plus est des Nigerians. Les gendarmes Maliens, persuades que ces derniers sont plus fortunes qu'eux, majorent d'office leur bakchich. Comme les Nigerians trouvent cela injuste et refusent de payer (et je suis a 100% d'accord avec eux), nous passerons plusieurs heures a attendre, et ce, a chaque barrage!

Le plus amusant dans tout cela sera bien evidemment l'originalite de nos "soi-disantes" infractions... allez, deux petites anecdotes:

1) Les gendarmes nous reprochent de ne pas avoir respecte les limitations de vitesse, ce qui est quelque peu enervant lorsque cela fait plus de cent bornes que l'on roule a 20kms\h a cause d'un probleme moteur! C'est d'ailleurs ce que je leur explique. L un d entre eux n apprecie pas ma remarque : "Comment ca, tu me traites de menteur? et blablabla et blablabla." Ne supportant pas que je remette en cause ses pratiques (en fait, je lui ai aussi dit a quel point j'etais decue qu'il y ait autant de flics corrompus en Afrique) je serai provisoirement "viree" du bureau! Il ne comprend pas pourquoi je prends la defense des Nigerians, persuadee que ma vraie profession est "avocate" et non etudiante comme je le pretends. Oui, c est pas mal d etre etudiant losque l on voyage (merci Mat). Voyant que l'on ne cede pas, il se vexe puis nous laisse partir en nous demandant que la moitie de la somme initiale.

2) Bien que Charles m'ait assure qu'il n'y avait plus de controle sur cette portion de route, c'est au volant de la voiture (alors que je n'ai pas de permis sur moi... ce qui aurait fait l'objet d'un bakchich eleve non negociable) que j'apercois un barrage. Ni vu ni connu, nous echangeons nos places. Ouf! Cette fois-ci, le gendarme fait dans l'original puisqu'il reproche a Charles de conduire une voiture "volee"!!! Moi personnellement, je n'en peux plus: ca fait maintenant plus de deux jours qu'on roule, sans avoir vraiment dormi, et ces gendarmes commencent serieusement a me taper sur le systeme. Moi qui suis de nature plutot patiente, j ai un peu de mal a me controler sur ce coup-ci: "Attendez, on a passe plus d'une heure et demie a la frontiere avec un policier dont c'est la profession, a attendre que celui-ci controle l'integralite des papiers de la voiture...trouvez une autre excuse!" Oups, la, j'aurais peut etre du me taire! "Mais attends, toi, qu'est ce que tu fais dans cette voiture...volee?" "tu lui as donne de l'argent?" "Normal, je participe au frais d'essence" "Un conducteur qui n'a pas de licence n'a pas le droit de prendre une personne en stop!" La, il est tout excite d'avoir enfin trouve une infraction "legitime" et debite son beau discours, en haussant la voix et en gesticulant dans tous les sens. Par peur de manquer mon vol, je suis prete a remballer ma fierte et mes ideaux et a regler ce *** de bakchich. Mais non, pas moyen! "Ah non, d'abord on parle, ensuite on negocie" Ce qui signifie, je vais d'abord te raconter ma vie... "Tu sais, moi ca fait 30 ans que je travaille ici..."

Apres une heure de sourires forces, en essayant au maximum de lui faire croire que je suis passionnee par ses histoires, et apres lui avoir promis que je ne referai jamais de stop, surtout avec des "voleurs, dealers et truands" de Nigerians, il nous laissera enfin partir, sans payer de bakchich, a mon grand etonnement. Comme quoi, un peu de zele en Afrique vaut mieux que de la franchise...

Famille_Gerard.jpgBon finalement, il ne me reste plus qu'une journee pour retrouver Stephane (504 frigo) afin de lui rendre l'argent qu'il m'a prete en Mauritanie, trouver des cadeaux pour Noel (difficile a croire sous cette chaleur, mais Noel, c'est dans 2 jours!), me tresser les cheveux, et rencontrer Gerard, chez qui je devais normalement loger. Gerard est un ami de Marie-Odile (mere de Florent, ami de Bastien) qui travaille dans une ecole maternelle. Je suis un peu genee de ne rester que si peu de temps chez lui alors qu'il m'attend depuis plusieurs semaines. Mais il connait l'Afrique et ne m'en veut pas...

Moi qui avais prevu de rentrer en Europe par la route (via l'Algerie et la Tunisie), j'etais bien loin de me douter que l'Afrique allait me reserver autant d'aventures. Avec deux semaines en plus, j'y serais peut etre arrivee???

Ca y est, me voila dans l'avion...je me promets de revenir au plus vite en Afrique, pays certes pauvre economiquement mais O combien riche en solidarite et humanite!!!

Mon recit de l'Afrique en a peut etre refroidi plus d'un, qui hesitait a venir faire un petit sejour sur le continent. Bien evidemment, ce n'etait pas le but. Il n'est pas evident pour moi de faire part de mes sentiments et de decrire les rencontres formidables que j ai fais (et Allah sait qu'il y en a eu! ) c'est pourquoi j'en parle peu.

Ce qu'il faut retenir de l'Afrique, c'est que ses habitants ont un coeur enorme, un sens de l'hospitalite inegalable et une immense joie de vivre (malgre les galeres qu'ils rencontrent). C'est ce qui fait la force de l'Afrique et ce qui m'a beaucoup touche. C'est simple, je me sentais tellement bien la-bas que je n'ai pu retenir mes larmes en partant...

Love Africa forever...

Fatoumata CAMARA BARRY :-)

vendredi 8 février 2008

MERCREDI 19 DECEMBRE (GUINEE, Siguiri)

Il me faudra faire preuve d'une grande patience pour organiser mon retour sur Bamako. Comme c'est la periode du Tabaski (fete de l'Aid-el-Kebir), tous les chauffeurs refusent de se rendre au Mali, par peur de ne pas revenir a temps pour la fete. Par l'intermediaire d'un depute (piston oblige!), je parviens a negocier une place dans un taxi. Cependant, l'Afrique nous reservant plein de surprises, je prefere assurer mes arrieres et prevois un plan B: je parcourerai ainsi tout le quartier malien a la recherche d'une autre voiture.

crevaison.jpgAvant de quitter Conakry, je fais mes adieux a Hassanatou, que je quitte les yeux remplies de larmes (je risque de ne pas revenir avant un long moment en Guinee et nous savons toutes deux qu'il sera difficile d'etablir une correspondance entre temps). En revenant, je m'apercois que je n'ai pas pris les clefs de la maison avec moi. Comme personne n'entend mes appels, que mes plans A et B ont foires et qu'il ne me reste que tres peu de temps pour improviser un plan C, je decide d'escalader le mur. Ces quelques deux-trois metres ne me paraissent pas si hauts donc je saute. Bonne reception, meme pas mal...enfin pour le moment!!!

Le plan C sera finalement de prendre un taxi pour me rapprocher au plus pres de la frontiere malienne. La route jusqu'a Kankan est tres mauvaise et le chauffeur, malgre la lenteur de sa course, reussi a crever un pneu. Et la, au moment ou je descend de la voiture: Aaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiie!!! Impossible de poser le pied par terre. L'inspace d'un instant, je me demande comment je vais pouvoir porter mes sacs. Heureusement, un des passagers me propose un petit massage, qui s'averera etre en fait un vrai supplice, mais qui m'aidera finalement a marcher "en boitant" (ce qui est deja pas mal!)

Nigerians.jpgJe commence a me dire que je ne serai jamais a temps chez Gerard (Bamako) pour feter Tabaski. Mais lors d'une halte pour nous restaurer, j'entends des Nigerians parler de Bamako. En effet, ils se rendent au Nigeria et passent donc par le Mali. Je saisis donc cette opportunite pour me joindre a leur convoi. Quelle erreur n'avais-je pas fais la!

Les deux voitures tomberont en panne a tour de role, et l'etat de la route (piste, travaux) ainsi que les nombreux controles nous ralentiront considerablement, au point de mettre trois jours pour nous rendre a Bamako au lieu des 12 heures prevues.

Pour aller plus vite, je prendrai le volant de temps en temps, ce qui m'amusera beaucoup les premiers kilometres (piste completement destroy) mais ce qui deviendra vite soporiphique par la suite.

Siguiri2.jpgLa reparation de l'une des voitures a Siguiri nous permettra de feter Tabaski avec une famille "extremement" nombreuse et tout aussi genereuse. J'assiste donc a ma premiere fete de l'Aid, qui se trouve etre encore plus impressionnante ici, puisque ce n'est pas un mouton que l'on egorge mais une vache! (les paysans du bled faisant avec les moyens du bord!)Tabaski.jpg

VENDREDI 14 DECEMBRE (GUINEE, Conakry)

route_guinee.jpgLe trajet collectif de Dakar a Conakry (capitale de la Guinee) est plus que fatiguant (31h), et j'aurai l'occasion de constater que le siege arriere n'est pas forcement la meilleure place lorsque l'on a de grandes jambes... surtout lorsque le chauffeur ne s'arrete que toutes les six heures! Les deux Guineennes qui sont censees "assurer" ma protection, se trouvent etre en fait plus qu'antipathiques, profitant de chaque occasion pour tenter de me sous-tirer de l'argent. De plus, persuadees que je leur appartiens, meneront la vie dure a tous les passagers qui oseront discuter avec moi (laisse-la, c'est "notre" etrangere!)

Ousmane.jpg.jpgJ'arrive a Conakry en pleine nuit mais ne parviens pas a joindre Adama. On me propose donc un toit en attendant que le jour ne se leve. Ce n'est que le lendemain matin que je decouvrirai mon hote (Hassanatou, une charmante femme de 35 ans) et ses deux filles (Ousmane, 18 ans et Hadiatou, 5 ans). Depuis son divorce, Hassanatou et ses filles vivent dans un logement plus que precaire (piece de 10 metres carres, sans electricite; rechaud, eau courante (quand elle n'est pas coupee!) et toilette seche en commun). Donnant priorite aux etudes de ses filles et aux soins de sa derniere (atteinte de la fievre typhoide et du paludisme), Hassanatou fait comme elle peut pour nourir sa famille avec son maigre salaire de vendeuse (tient un mini stand d'articles de nurserie, ses filles prenant le relais en rentrant de l'ecole). Malgre cela, c'est a bras grands ouverts qu'Hassanatou m'accueille sous son toit, refusant que je sorte le moindre franc guineen de ma poche durant les trois jours que je passerai chez elle (Adama restant injoignable durant tout ce temps).Hadiatou.jpg

Hassanatou.jpg.jpgHassantou m'emmene au meeting de l'UPR (Union pour le Progres et le Renouveau), parti qu'elle soutient puisqu'elle vient du meme bled que la femme du President Ousmane BAH! A peine arrivee, je suis conduite dans la tribune officielle, ou apres avoir salue les 300 personnes du public a l'annonce de mon nom (lors de la presentation des personnes "respectueuses" dont apparemment je fais partie) j'aurai l'occasion d'echanger avec le President et les quelques deputes presents a propos de leur programme (acces libre a l'eau et l'electricite, abolition de la corruption...)

Apres le meeting, nous assitons a un tournoi de football ou apres avoir fait quelques cliches des joueurs et de la tribune d'honneur", serai designee comme "journaliste officielle" de l'UPR. Bien entendu, le journaliste attendra que je sois sur le terrain pour annoncer cela au micro... Paye ta rchoum' !

foot.jpg

Les deux jours qui suivront, je ferai connaissance avec "tous" les membres de la famille d'Hassanatou, dont son beau frere gravement malade: inutile de vous dire que la visite de l'hopital ne me laissera pas indifferente (insalubrite des eux, manque de moyens...)

Adama2.jpg.jpgFinalement, Adama recoit un de mes messages et vient me chercher chez Hassantou. En fait, il y avait eu une coupure de courant et son portable n'avait pu etre recharge. Quelle joie de retrouver ma meilleure pote des States!!! J'avais rencontre Adama huit ans auparavant lors de mon sejour a Austin (Texas) , et nous avions perdu contact pendant presque sept ans. Son beau sourire et sa joie de vivre meritaient bien que je fasse tous ces kilometres et ces heures en taxi-co-sardines!!! Nous profitons des deux jours qu'il nous reste pour papoter un peu de nos dernieres annees passees et projets a venir, et a nous rememorer notre sejour a Austin.

Jucuisine.jpg.jpg

jeudi 31 janvier 2008

LUNDI 10 DECEMBRE (SENEGAL, Dakar)

Me voilà face à un petit dilemme, disons deux ! Le premier étant que j’ai dépassé mon visa de transit Mauritanien. Et le deuxième : la douane "officielle" m’oblige à faire un grand détour, alors qu’il me suffit de traverser le fleuve pour me rendre au Sénégal. Le problème : ici, aucun poste de frontière à l'horizon. Ouh !!! je suis tentée…

Finalement, je prends le risque, convaincue par les autochtones. Et j’ai bien fait : les gendarmes qui me contrôlent par la suite ne se rendent même pas compte de la fraude !

Je traverse le fleuve sur une petite pirogue, après avoir attendu que celle-ci ne fasse l’aller-retour, avec à son bord une dizaine de moutons, puis cinq passagers et une charrette (trop lourd, le cheval traverse à la nage). Bienvenue en Afrique et vive le système D !

bus_senegal.jpg

La route jusqu’ à Dakar est assez folklo : plus de 15 heures pour faire 600 kms où nous empruntons : une charrette tractée par un âne, une voiture bâchée (tous dans la benne) sur quelques kilomètres de piste, avant d’atteindre le "goudron" et de prendre un minibus (serrés, serrés) qui nous mène à la capitale sénégalaise.

nourou.jpgDans le bus, je fais la rencontre de Nourou, un Mauritanien propriétaire d’une boutique à Kaedi, qui se rend dans la capitale histoire de rapporter quelques fringues à la mode. Vu notre arrivée tardive, Nourou me propose de venir dormir chez son frère. Finalement, j’y suis tellement bien que je reste trois jours auprès de cette famille bien sympathique… A jouer avec les enfants de deux, six et dix ans, à regarder les séries avec les femmes de la famille, et à discuter politique et religion avec les hommes autour d’un thé à la menthe. Servi à la Mauritanienne s’il vous plait ! Le secret du service étant de transvaser une bonne trentaine de fois le thé de verre en verre de façon à le laisser respirer…tout un art !

Les discussions que j’ai avec Mohamed (ami de Nourou qui se dit Mujaidin et de ce fait, refuse de me serrer la main pour me saluer) sont très instructives; et même si nos opinions divergent la plupart du temps (notamment sur certains points de l’Islam ou lorsqu’il me parle de la décadence des femmes occidentales qui nuit à l’Islam et aux femmes qui la pratiquent), cela ne nous empêche pas de bien rigoler !

famille_Nourou.jpg

C’est également à Dakar que je me fais baptiser en pleine rue par un flic en train de faire la circulation. Il m’accoste alors que je traverse la route, et après m’avoir demandé si j'étais mariée (cela va de soit ! ), me donne le nom de Fatoumata (alias Fatou) que j'utiliserai par la suite bien évidemment.

Moi qui étais passée à Dakar (contour et tour de con !) notamment dans le but de valider mon autorisation de séjour, je finis par conclure, après avoir discuté avec plusieurs Sénégalais à ce sujet, que cela ne sert à rien. Il faut savoir qu’au Sénégal, le Français est Roi et peut de ce fait, se permettre bien des folies. Confirmation au poste de frontière, où ma situation illégale dans le pays ne semble poser aucun problème au douanier… Et à ce moment précis, j’imagine la tête du douanier français si un Sénégalais avait osé faire cela en France…Malheureusement, la réponse on la connaît !

D’ailleurs, à ce propos, connaissez vous le prix d’un visa…que dis-je, d’une une consultation de dossier pour un Africain qui veut séjourner en France (c’est-à-dire qu’il ne récupère pas son argent même si le visa lui est refusé) Sachant que pour un Français séjournant en Afrique, il est soit gratuit, soit à moins de 10 euros, et que dans les autres pays, il est en général à 30 ou 50 euros…

Moi, j’avais du mal à le croire tellement le prix est exorbitant, mais les nombreux témoignages ont suffi à me convaincre…

200 Euros… De quoi en dissuader plus d’un !

Quelle honte !

Sur ce, vive la République ! Et à très bientôt...

VENDREDI 7 DECEMBRE (LA MAURITANIE, Nouakchott, Kaedi)

Après la frontière Marocaine, nous traversons sur plusieurs kilomètres un "no man’s land" où l’on peut voir au bord de la piste, de nombreuses carcasses de voitures, toutes désossées. Pas besoin d’attendre une ville pour se rendre compte que la Mauritanie est moins fortunée que le Maroc, il suffit de voir les infrastructues de la douane et police des frontières du pays : les fonctionnaires Mauritaniens travaillent dans de vieilles caravanes (récup’) ou sous des tentes Berbères. Et pas besoin d’attendre plus loin pour me rendre compte que je suis bien en Afrique puisque la première question du douanier, avant de me demander la raison de ma venue au pays, sera de me poser l’éternelle question: "tu es mariée ?"

Première halte, premier choc : celui de l’insalubrité des rues… Ici, et c’est le cas de tous les pays d’Afrique que j’ai traversé (bon, peut-être moins le Sénégal), il n’y a pas de collecte de déchets… Ce sont les chèvres et les vaches qui se chargent du boulot ! Encore aujourd’hui, quand je repense à ceci, je suis bien attristée et éprouve une certaine "haine" vis-à-vis des gouvernements africains, qui, au lieu de détourner de l’argent, feraient mieux de faire des efforts à ce sujet : cela permettrait sûrement de réduire, entre autres, certaines maladies "curables" dont meurent encore aujourd’hui "trop" d’Africains !

A Nouakchott, petite galère pour retirer de l’argent car aucun distributeur n’accepte de carte bleue (on est pourtant dans la capitale). Si seulement j’avais écouté mon cher grand frère qui me conseillait d’emmener avec moi quelques coupures d’Euros ! C’est finalement Stéphane qui m’avancera un peu d’agent (mille mercis à toi! )

Avant que nos chemins ne se séparent, nous faisons halte dans une auberge où je m’aperçois, vu le nombre de Français qui y séjourne, que la vente de voitures est un business très courant en Afrique de l’Ouest. Personnellement, moi ça m’arrange : je profite de l’occasion pour poursuivre ma route avec l’un d’entre eux. J’attendrai ensuite trois heures dans un petit bled, le temps que le taxi collectif ne se remplisse : même 504 break qu’au Maroc mais avec trois passagers en plus !

luca.jpg

Après plus de cinq jours de voyage, je suis contente d’arriver à Kaedi, où m’attend Luca (ex-colloc’ de Toulouse de Perrine) qui effectue une mission pour la Croix Rouge en tant qu’infirmier. Cette fois, il ne travaille pas sur le terrain, mais monte un projet ayant pour objectif de soigner dans un futur proche, les enfants de la Région de Kaedi atteints de malnutrition.

jardin.jpgPetit WE de repos : farniente, ballade sur les bords du fleuve et au marché avec Luca et ses collègues Murielle (Croix Rouge) et Rica (Allemande, en charge de l’accueil des réfugiés politiques). Luca s’assurera, avant de me laisser repartir, que mon moral et ma santé sont bons, même s’il juge un peu fou mon souhait de rejoindre l’Europe par la route (traversée de l’Algérie) et d’effectuer ce voyage en Afrique en si peu de temps. Moi, ça me paraissait faisable : j’aurais fait n’importe quoi pour atteindre la Guinée et y retrouver Adama, les kilomètres ne me faisant pas peur. C’est plus tard que je comprendrai ce qu’il a voulu me dire…

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