El Viaje de Julieta

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L'INDE (fev./avr.2008)

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samedi 28 juin 2008

MERCREDI 23 AVRIL 2008 (INDE, Delhi, Benares)

VeranasiGange.jpgTrois jours de stress et d'insomnies, de galere pour trouver un hotel qui m'accepte malgre mon visa non valide... Trois jours d'attente, baladee entre les differents services d'immigration qui refusaient de me dire ce qui allait bien pouvoir m'arriver, et l'Ambassade de France, qui ne pouvait rien faire pour moi.

Jusqu'au verdict final : un delai de trois jours pour rejoindre la frontiere nepalaise, 1350 roupis pour extension de visa et amende de 1800 roupis pour "overstay" (depassement de delai de sejour), soit environ 60 euros d'amende en tout ... ce qui est quand-meme mieux qu'un sejour carceral, il faut bien l'avouer! Mais egalement, deux tampons "overstay" sur mon passeport, qui me bloqueront un peu par la suite!

Avant de prendre le train, je passe voir Abbas, Santhos, Saliman, Radj et Shiva a l'agence. Ils sont tous tres contents de me revoir... et moi donc! Malheureusement, je ne peux pas rester... mes jours sont comptes!

Comme c'est sur ma route, je decide de faire une halte a Veranasi, alias Benares. Cette grande ville au nord-est de l'Inde, mais avant-tout son Gange sacre, est un lieu de pelerinage hindouiste, ou chaque annee, des millions de pelerins viennent se baigner et purifier leur ame... L'eau du fleuve etant censee laver tous les peches accumules au cours de leurs vies passees.

Les Hindous viennent aussi y mourir en masse, car cela leur permet d'en finir avec leur cycle des reincarnations et de se rendre directement au paradis. Seuls les lepreux et les malades de verole sont exemptes de l'incineration, consideres comme purs (soit ayant deja assez soufferts dans leur presente vie).

Drapes de rouge pour les femmes, de blanc pour les hommes, de jaune dore pour les vieillards, les corps sont brules au bord du Gange a l'aide de plus de 300 kg de bois (celui-ci etant quelque peu honereux, les familles les plus demunies utiliseront le crematoire electrique).

Le fils aine du defunt, vetu d'un drap blanc et le crane rase, tourne cinq fois autour du corps en enfumant ce dernier, avant d'y mettre le feu, de jeter ses cendres (apres 3 heures) dans le Gange... et par la meme occasion s'y baigner!

Quand un homme meurt, on jete de la poudre rouge a l'eau lors de la ceremonie. Poudre que son epouse utilise habituellement pour indiquer aux autres hommes qu'elle est mariee (trait rouge en haut du front). Ce geste symbolise donc la fin de demonstration de sa beaute : l'epouse du defunt devra dorenavant se vetir uniquement en blanc, ne plus porter de bijoux ou encore se maquiller... Encore heureux pour elle, elle n'est plus obligee de se jeter au bucher apres l'incineration de son mari, comme se fut le cas il n'y a pas si longtemps encore!

Il arrive que le bois ne parvienne pas a bruler entierement le corps et il est courant de voir flotter des bouts de membres sur le Gange. Moi, je n'ai vu que des carcasses d'animaux...

Et a part deux-trois cremations, je dois avouer que je n'ai pas vu grand chose de Veranasi, cloitree dans ma petite chambre d'hotel. Car histoire de ne pas partir les mains vides... ou plutot l'estomac vide, je repartirai d'Inde avec une petite tourista! Au debut, losque l'on voyage en Inde, on est vigilent sur l'hygiene (ne pas boire d'eau, se laver les mains avec un anti-bacterien si on a pas d'eau et de savon a proximite, ne pas manger des legumes non cuits ou fruits non peles... ) mais apres trois mois, on perd vite les bonnes habitudes! Fatigue + sejour a Veranasi + omelette pas tres fraiche dans le train = fievre et selle bien liquide :-)

Sur ce petit episode gastrique, je fais mes adieux a mon "Incredible India"... et me dirige vers d'autres horizons... ceux du Nepal!

MARDI 15 AVRIL 2008 (INDE, Dharamsala)

Dharamsala4.jpgApres plus de 48 heures de voyage en train, bus et attente dans les gares, j'arrive enfin a Dharamsala. Pas decue (au moins) de quitter la chaleur du desert rajasthani pour retrouver la fraicheur des montagnes de l'Imachal Pradesh (Nord de l'Inde). Je suis tres vite comblee par le paysage. Dharamsala s'etend entre 1250 et 1800 metres d'altitude, avec en toile de fond, les sommets enneiges de la chaine de Dhanla Dar (5791m).

Difficile de se croire en Inde lorsque l'on sejourne a Dharamsala, appelle d'ailleurs par ses habitants "le petit Lhassa" (capitale du Tibet). D'une part car le contexte geographique le rappelle, d'autre part car environ 30 000 refugies Tibetains y vivent en exil depuis 1959, aux cotes de Tenzin GYATSO, 14eme et actuel Dalai Lama.

Quelques dates clefs histoire de vous remettre dans le contexte du "celebre" conflit sino-tibetain: (synthese de l'historique du Routard... Bas, corrige-moi si besoin... :-) )

- "Le Tibet fut independant jusqu'a l'arrivee des Mongols au XIIIe et XIVe siecle.

- XVIIe siecle: Invasion chinoise, expulsion des Mongols. Les Chinois mettent en place une sorte de commissaire imperial, representant le pouvoir chinois a Lhassa.

- Fin du XIXe siecle, le 13eme Dalai Lama tente de reformer l'administration et de diminuer la noblesse de Lhassa. Les Chinois sont chasses en 1910. Le Tibet vivra independant pendant 30 ans.

- 1949-1950: Etablissement de la Republique Populaire de Chine et prise de pouvoir par Mao Zedong. Un an plus tard, le Tibet est envahi par l'Armee Populaire de Liberation Chinoise (8500 Tibetains contre 80 000 soldats chinois). Le jeune Dalai Lama Tenzin GYATSO, age de 15 ans, recoit les pleins pouvoirs pour gerer la crise.

- 23 mai 1951: Accord integrant le Tibet a la Republique Populaire de Chine.

- Mars 1959: Revolte du peuple de Lhassa. Trois jours de combats acharnes. 3000 morts Tibetains. Exil du Dalai Lama et de plusieurs Tibetains en direction de Dharamsala (longue marche a travers l'Himalaya) et transfert de l'administration tibetaine et du siege du gouvernement dans cette meme ville.

Dharamsala.jpgAyant recu le prix nobel de la paix en 1989, le 14eme Dalai Lama est reconnu par tous les grands de ce monde (j'ai ouie dire, surtout par les States... 1 point en moins dans mon estime Tenzin!) mais ce n'est pas pour autant que son pays a retrouve son independance... et la paix!

Depuis ce jour, l'armee chinoise perpetue le genocide (1,2 millions de morts depuis 1949) et l'extermination se poursuit lentement par la methode discrete mais o combien efficace de l'invasion demographique (de plus en plus de Chinois viennent s'installer au Tibet, et de plus en plus de Tibetains quittent le pays). Acculturation progressive du Tibet et perte d'identite: destruction de plus de 6000 temples et manuscrits brules au nom de la revolution culturelle. Le tibetain ecrit disparait, meme l'oral est menace... et tous les Tibetains ont desormais un nom chinois!"

DharamsalaManif.JPGDepuis mars 2008, la crise s'accentue, les meurtres se multiplient, les postes de frontieres ferment (les autorites chinoises veulent cette guerre civile la plus discrete possible a l'approche des J.O.) Depuis cette date, un mouvement contestataire consequent s'est mis en place a Dharamsala, ou les Tibetains tentent de faire entendre leurs voix au minimum deux fois par semaine. C'est comme cela que je participe le premier jour de mon arrivee, a une manifestation a l'occasion du passage de la flamme olympique a Delhi...

                           What we want ?               ...          We want freedom!
                           What we want ?               ...          We want freedom!
                           Stop killing                     ...          In Tibet! 
                           Stop genocide                 ...          In Tibet!
                           China, China, China        ...          Out, out, out!
                           People of the world         ...          Support us!
                           People of the world         ...          Support us!
                           We will die                       ...          For freedom!

Surement la manif' la plus forte en emotion que j'ai faite... de par ma compassion pour ce peuple meurtri, qui n'aura surement jamais gain de cause... car la Chine, puissante, n'est pas prete de ceder "son" Tibet!

Norbu.jpgNorbu, un Tibetain rencontre au coeur de la manifestation, me raconte que les conflits de mars 2008 ont fait plusieurs centaines de morts et non une trentaine comme le gouvernement chinois le pretend (photos a l'appui, ainsi que les noms des victimes enumeres a l'entree du temple). La plupart sont des moines (guerries pacifistes) mais il y a egalement des civils, femmes et enfants du cote des victimes tibetaines. L'armee chinoise sait se faire discrete, reperant l'identite des manifestants en journee, et attaquant "en traite" la nuit tombee, au sein du foyer des futurs victimes.

Dharamsala6.JPGDharamsala2.jpgCette annee est decisive pour les Tibetains, comptant sur l'appui des pays participant aux J.O. pour faire bouger les choses. Mais on sait tous que rien ne changera, car tous les gouvernements du monde sont corrompus (pots de vin et mafia oblige!), que le sport et l'argent des sponsors sont bien plus importants que le respect des Droit de l'Homme, et que la plupart des gens qui se rendent en Chine pour les J.O.ne viennent que pour voir du sport... et non pas pour manifester! "Laissez-moi boire mon Coca tranquille devant le biathlon et laissez mourir en paix ce pauvre moine tibetain!"

Oui, je sais, je n'ai pas fini de voir des attrocites de par le monde et de constater injustices et inegalites! Moi qui avais quitte la France avec grand plaisir il y a queques mois, commence de plus en plus a l'apprecier... Difficile de se rendre compte lorsque l'on est sur place, de la chance que l'on a d'etre LIBRES!

DharamsalaMoines.JPGDharamsalaRiseUp.JPGApres la manif', nous remontons avec Norbu les quelques 600 metres de denivele (que l'on avait descendu avec les banderoles) pour rejoindre Mac Leo Ganj (ou je reside) et visiter le temple du Dalai Lama. La nuit tombee, chaque soir, les bouddhistes se rejoignent dans ce lieu pour prier (chants et prieres bouddhistes et hymne tibetain en fin de ceremonie). Les moines descendent de leur monastere situe em amont, suivis de ceux qui le veulent bien... une bougie a la main (c'est magnifique!) En journee, de nombreux pratiquants ou autres curieux, tournent plusieus fois autour de la coline ou se trouve le temple et la residence du Dalai Lama, dans le sens des aiguilles d'une montre!

DharamsalaKK-Laxman-Ju.jpgPicture_736.jpgA Dharamsala, je retrouverai KK et Laxman (de Jaisalmer), venus prendre quelques jours de vacances a la montagne, la saison au Rajasthan etant terminee, ainsi que Yuki, une amie de KK Japonaise. Je croiserai egalement les Suedois que j'avais rencontre lors d'une soiree dans le desert de Jaisalmer, qui m'affoleront quelque peu sur les problemes que je risquais d'encourir si je continuais mon sejour "overstay" (depassement de delai//visa)... Une de leur connaissance a passe un petit sejour en prison pour les memes raisons!

Prise de panique, j'ecourte mon sejour a Dharamsala et file a Delhi!

Dharamsala5.jpg

Dharamsala3.jpg

DharamsalaJu.jpg

mercredi 25 juin 2008

JEUDI 20 MARS 2008 (INDE, Rajasthan, Jaisalmer... Holi Festival et le village de Bara Bagh)

Holi Festival

HoliChants.JPGCelebre dans toute l'Inde en l'honneur de l'arrivee du printemps, Holi est une fete hindoue tres attendue de tous, et plus particulierement des enfants... et de moi-meme! Pouvant etre quelque peu dangereuse de par l'agitation qu'elle procure, j'ai prefere revenir dans un lieu familier pour l'occasion... C'est initialement pour cette raison que j'etais revenue a Jaisalmer. La fete dure deux jours, mais c'est officiellement le deuxieme que tout le monde participe. Le premier jour etant une avant-premiere pour les enfants.

HoliDhaiKusum.jpgVetue de vieux habits et paree en munitions (goulal: poudre de couleurs que l'on jette sur les gens tels des confettis; et color: concentre de couleurs bien chimique, que l'on dilue "normalement" avec de l'eau), j'attaque Holi tot le matin avec les gars de l'hotel, avant de me diriger vers le quartier de Finu, Radjou et BK, ou je me suis tres vite faite attaquee par une vingtaine de gamins. Au bout de deux minutes, je suis trempee et couverte de rouge de la tete aux pieds.HoliSurja.JPG

Puis, je decide de me balader a l'exterieur du fort. En chemin, les habitants me sourient en me souhaitant un "happy Holi". Ha, ils peuvent bien rire, je suis quasi la seule a avoir cette degaine... Ben oui, la fete est officiellement le lendemain.!

HoliFeu.jpgA la tombee de la nuit, dans chaque quartier, des trous ont ete creuse dans le sol pour pouvoir y installer un bucher. Ceremonie importante pour les jeunes maries dans l'annee, qui viennent a tour de role faire quelques prieres et offrandes a leur dieu (noix de coco, sucreries et encens...) censees leur porter chance pour leur mariage! Puis, ces derniers se levent et tournent autour du feu... La symbolique est d'ailleurs assez saisissante! Le mari ouvre la marche, suivie par sa femme "voilee", qu'il tient les mains liees a un foulard tel un petit chien en laisse. Desolee pour les amoureux de l'Hindouisme, c'est de cette facon que j'ai percue cette ceremonie...

HoliJu2.jpgHoliJu.jpgLe deuxieme jour est beaucoup plus intense. De 9h a 14h, tous les magasins sont fermes et tous les habitants, exceptes ceux qui sont en deuil et quelques touristes, fetent Holi. Ca fait plaisir de voir qu'une tradition comme celle-ci perdure dans le temps... Si seulement c'etait le cas des Soufflaculs! Accompagnee d'India et de nos gardes du corps Radj et Ajit (necessaire pour eloigner les ados et autres hommes "sexuellement perturbes", qui profitent de l'occasion du jet de couleur pour glisser leur mains dans la poitrine des femmes... touristes de preference, c'est plus facile!) ... nous arpentons les rues du fort, a la recherche de tetes connues que l'on pourrait asperger de color. Au bout de quelques heures, tout le monde est couvert de peinture, vaches comprises... le rouge predominant dans les rues de Jaisalmer!

HoliVache.JPGHoliBoutons.JPGPuis, vient l'heure du grand nettoyage: celui de l'hotel Surja dans un premier temps avec Bah, histoire qu'il ne fasse pas le boulot tout seul, comme d'hab'... Puis de moi-meme: deux heures a me frotter le visage, pour enlever seulement le plus gros de la peinture, l'integralite ne partira qu'au bout d'une petite semaine, voire d'un mois pour les ongles. Paye tes boutons sur le visage! Apparement, je dois etre allergique a cette potion chimique!

Le soir, India et moi sommes invitees a Bara Bagh, village de Bah, Laxman, Karan et Ana. Selon la tradition, nous suivons un groupe de musiciens faisant le tour des maisons du village. A chaque fois que l'on entre dans une maison, les hotes nous offrent ainsi qu'aux musiciens et autres personnes presentes, quelques sucreries et a boire. Quelques fois du soda, mais bien souvent du "whisky du desert", qu'India et moi ne pourront difficilement refuser. Resultat: au bout de cinq visites, nous sommes completement bourrees! On passera la nuit a la belle etoile, sur le toit de la maison des voisins de Laxman.

Le village de Bara Bagh

BaraBaghChanna.jpgBaraBaghChanna2.jpgLe lendemain, Laxman nous emmene a quelques pas de son village, visiter le cimetiere des Maharajas de Jaisalmer, situe sur une petite colline, avec en contre-bas un ancien lac, aujourd'hui lieu de culture (parait-il que l'eau n'y serait plus revenue depuis deux ans!) A cote, un oasis ou poussent fruits (plein de mangues, humm!) et legumes, propriete de l'actuel Maharaja. Nous nous prelassons quelques minutes sur les branches d'un vieil arbre, avant d'aller nous rafraichir dans un sous-sol (air conditionne naturel). Puis, apres le reconfort vient... l'effort! Laxman nous conduit pres de ses oncles et autres villageois s'appretant a couper des branches de pois-chiches, apres avoir mange quelques chapatis, bu du massala chai et grignoter un peu d'opium. C'est ainsi que nous voila parties, India et moi, fauche a la main, couper le pois-chiche tout un apres-midi sous le soleil torride du desert!

Chapatis.jpgBaraBagh11.jpgPuis, difficile de refuser le repas des travailleurs! Une chevre cuite au feu de bois... et quelques verres de whisky du desert! Cette nuit-la, nous dormirons sur le toit de Laxman, aux cotes de plusieurs personnes venues apprecier une nuit sans moustique (toit le plus haut du village ou le vent repousse ces vilaines bestioles). Et c'est vrai que l'on y dort bien. Par contre, pas moyen de faire une grasse mat'. Non pas parce qu'il y a du bruit, mais tout simplement car l'on vient te reveiller pour le chai de 6-7h. Rythme villagois oblige! On vit avec le soleil et a 7h, tout le monde est deja bien actif... enfin, surtout les femmes!BaraBagh12.jpg

BaraBagh13.jpgJ'aurai l'occasion de revenir plusieurs fois a Bara Bagh... Difficile de refuser les invitations des coupeurs de "channa". Pour eux, c'est plus qu'un honneur de recevoir une "gori" (blanche) a diner... Et pour moi, toujours un honneur de deguster une bonne biquette!

MereLaxman.jpgL'adorable mere de Laxman fut longtemps aux petits soins avec moi, puis elle m'a tres vite tendu le balai, voyant en moi une brue potentielle! A plusieurs reprises, elle tenta de conclure avec moi un pacte de mariage (J'avais le choix entre l'un de ses deux fils :-) ), essayant de me convaincre en me montrant les beaux bijoux qui allaient devenir miens post-mariage! "Tu verras, on rigolera bien, on fera des chapatis ensemble!" Bref, je ne pouvais pas plus baigner dans la culture rajasthani que dans ce beau village de Bara Bagh!

Je fus aussi la photographe officielle du village, prenant a chacun de mes passages des dizaines de cliches d'enfants ou de familles entieres. Prenant le temps de se faire beaux pour l'occasion, tous etaient plus que ravis de repartir avec ce tresor qu'est leur image sur un petit bout de papier... BaraBagh.JPGBaraBagh1.jpgBaraBagh10.jpgBaraBagh2.jpgBaraBagh6.jpgBaraBagh7.jpgBaraBagh9.jpgBaraBaghBahMifa.JPGBaraBagh4.jpgBaraBagh5.jpgBaraBagh3.jpgBaraBagh8.jpgBaraBaghEcole.JPG

Histoire de partager un bout de notre culture judeo-chretienne, juste pares Holi, nous avons fete Paques avec India et les gars de l'hotel. Tous ont participe avec beaucoup de plaisir et d'excitation, tels de grands enfants!PaquesIndia.jpgPaquesBah.jpg

Le 9 avril, en me rendant a Jodpur et en remplissant mes coordonnees dans un hotel (chose que je n'avais pas fait depuis bien longtemps), je me rends compte que mon visa avait expire de quatre jours... Oups! Prise de panique dans un premier temps, je fus vite rassuree par mes amis qui me diront de ne pas m'inquieter ("everything is possible in India!") Certes, ayant depasse l'echeance, je n'etais plus a quelques jours pres (affaire a suivre...) De plus, je ne m'etais pas preparee a quitter Jaisalmer et voulais vraiment me rendre a Dharamsala avant de quitter le pays!

Ne voulant pas non plus abuser des bonnes choses et depasser un mois d'overstay, je quitte a contre-coeur et les larmes aux yeux ma belle forteresse...laissant derriere moi mes amis d'un jour et de toujours...

JEUDI 20 MARS 2008 (INDE, Rajasthan, Jaisalmer...quelques bonnes rencontres...)

HotelSurja.jpgQuel plaisir de retrouver ma belle forteresse, et l'hotel Surja ou je me sens vraiment comme a la maison! Je passerai trois semaines a Jaisalmer, a profiter de l'assommante chaleur pour faire quelques siestes et de mes longues journees pour passer du temps avec les habitants du Fort, dont certains deviendront mes amis...HotelSurja2.jpgJuCuisineSurja.jpg

RazulJu.JPGDe l'hotel Surja... Razul, le cuistot, qui m'apprendra quelques plats indiens et le vocabulaire de base (surtout le voca grossier... c'est comme ca que je me rendrai compte que 90% des conversations des mecs tournaient autour du cul et des touristes... soit du cul des touristes!), Bah.jpgKaran.jpg.JPGBah et Karan (toujours presents a l'hotel, histoire de tailler une bavette et deconner), Ana et Laxman (les cousins proprios, toujours a la recherche d'une touriste pour occuper leur temps).Ana.jpgLaxman.jpg

Leurs amis... Radj (de l'hotel voisin), Deeleep (le marchand de tapis), Sawai (de l'hotel Desert, qui passait son temps a fuire...), Ajit (son boss, un Brahmane ouvert d'esprit tres interessant), Pankaish (alias Goga/the snake), Deeleep (proprio de Chai Bar, un cybercafe ou l'on ne peut ni utiliser internet, ni boire un chai ou un cafe :-) ...mais Deeleep etait toujours partant pour un petit apero, quelque soit l'heure de la journee). RadjLaxman.JPGSawai.jpgPankaish.jpgdeeleep.jpg

Un univers de gars, certes, mais de bonnes parties de rigolade tout de meme. Je profiterai de nos echanges pour leur donner quelques conseils sur le respect de la gente feminine, qui est encore loin d'etre acquis!

Il faut savoir que la plupart des Indiens qui "draguent" les touristes (peu importe leur age) sont maries! Comment expliquer cela... Meme si les mentalites commencent a changer dans les grandes villes, les Indiens sont promis tres tot (10-13 ans) et se marient pour la plupart entre 13 et 20 ans, a une inconnue choisie par leur famille. Certains ont la chance de voir une photo avant la ceremonie, ou eventuellement d'echanger quelques mots avec leur future epouse... d'autres me racontent : "tu te rends compte, on peut aussi tomber sur une femme a qui il manque un bras, une jambe ...ou un oeil!" A ce, je leur repondais... "Dans votre malheur, vous avez de la chance de ne pas etre une femme... au moins, vous avez la possibilite de sortir de chez vous et de faire d'autres rencontres!" Et c'est d'ailleurs ce qu'ils font, du moins ce qu'ils tentent tous! Les Occidentales sont si "faciles" d'apres eux... Disons, comparees aux femmes Indiennes! Certains d'entre eux, en plus d'etre attires par les relations sexuelles qu'ils vont pouvoir avoir avec telle femme, voient en elle un gros potentiel "financier", et souvent l'espoir d'avoir un jour un visa pour l'Europe, l'Australie ou les States! Le tourisme sexuel est ainsi tres developpe en Inde, et plus particulierement a Jaisalmer je dirais (c'est devenu un vrai sport ici... un jeu entre potes!). Bien entendu, c'est aussi le paradis pour les Occidentales en mal d'amour ou totalement desesperees... Finalement, tout le monde y trouve son compte!

IndiaSarup.JPGAriya.jpgHistoire de me sortir de cet univers de mecs quelque peu puerils, je passerai des moments typiquement "fille" avec India (une Anglaise connue quelques semaines plus tot avec Carine, qui deviendra ma collocataire durant mon sejour a Jaisalmer), Ariya (une Italienne immigree en Angleterre... quelque peu provocatrice et excentrique, tres perchee et a fond dans l'Hindouisme...mais egalement tres sincere et chaleureuse), Mery Christina (une sympathique Irlandaise...de passage), Dhai et sa voisine Kusum, et Rampatti. MeryChristina.jpgKusum.jpg

RampattiJu.JPGRampattiMifa.jpgRampatti est une gipsy rajasthani, issue d'une famille de danseurs et de musiciens peu aisee, pour ne pas dire "intouchable". Elle a une trentaine d'annees et deja sept enfants (elle aimerait d'ailleurs bien s'arreter la...). Ces derniers, crapoupouilles, ne vont pas a l'ecole et passent leur temps a tour de role aux cotes de leur pere et mere, qui vendent des babioles et instruments de musique aux portes de la citadelle, du lever au coucher du soleil! A chaque fois que je passais devant elle, Rampatti essayait de me vendre ses bijoux de pacotille. De "non" en bonjour, j'ai fini par sympatiser avec cette Indienne tres ouverte d'esprit, parlant de surcroit tres bien anglais! Discussions au pied du Fort et soiree "danse et musique" avec sa famille... de tres bons moments passes avec Rampatti et sa crew!

DhaiAnni.jpgDhai... ma meilleure amie de Jaisalmer, connue par hasard avec Carine quelques jours plus tot. Bloquees dans la ruelle qui menait a l'hotel Surja par un couple de bovins en train de s'accoupler, je souriais en voyant Dhai se cacher les yeux telle une enfant. Echanges de regards et sourires, elle nous avait invite a entrer dans sa petite demeure. Une piece de 10 m2 et une petite cour exterieure etait la sa seule propiete, qu'elle partageait avec son mari et son fils de 3 ans, Sarup. Dhai a ete marie contre son gre (osons le dire), a l'age de 13 ans... elle a fete dernierement ses 23 ans et espere avoir un deuxieme enfant le plus tot possible. N'ayant l'autorisation de sortir de chez elle "sans bonnes raisons", Dhai appreciait ma compagnie quasi quotidienne. Nos conversations etaient un peu limitees etant donne la barriere de la langue, mais on se comprenait et c'etait bien la le principal. Dhai et sa petite voisine de 14 ans, Kusum, etaient curieuses de connaitre les moeurs europennes et la vie d'une Occidentale. En echange de mes histoires "croustillantes", j'avais le droit a des seances de maquillage, coiffure et deguisement en femme rajasthani. Lac.JPG J'aimais Dhai d'autant plus qu'elle etait differente des autres femmes indiennes que j'avais rencontre. Bien obligee d'accepter la dure realite de son mariage arrange, elle n'hesitait pas cependant a braver les interdits que lui imposait son mari et les voisins qui le soutenaient, et a filer en douce avec moi des que celui-ci avait le dos tourne. Quelques fois, c'etait d'ailleurs toute une expedition: comme cette sortie au lac ou j'ai du me vetir d'une robe et de tout l'attirail de la parfaite femme au foyer, histoire de passer innapercue dans les rues de Jaisalmer et de ne pas attirer le regard des oncles, susceptibles de cafter si Dhai sortait avec une etrangere..."impure!" Depuis son arrivee dans la forteresse (12 ans), Dhai n'avait jamais eu la chance de voir le lac de Jaisalmer, alors qu'il etait situe a seulement 20 minutes de marche de chez elle! Journee qu'elle n'est surement pas prete d'oublier... comme le jour de ses 23 ans (fete avec un "vrai" gateau)... ou encore le festival d'Holi, que l'on a partage seulement dix minutes ensemble (Dhai ne pouvant sortir de chez elle), mais qui fut d'apres elle, son meilleur Holi!

Radjou.jpgEgalement quelques echanges autour d'un chai, prepare par mon petit Radjou (de l'hotel Ishar Palace, guesthouse ou l'on avait atteri la premiere fois avec Carine), avec BK (son patron), Matar (l'employe, vire entre temps... la securite de l'emploi est egalement loin d'etre acquise en Inde!), Finu (le gentil marchand de fringues), et Tanu (son concurrent)...

BK.jpgMatar.jpgFinu.jpgTanu.jpg

J'espere n'avoir oublie personne...

Difficile de se rendre au cafe internet situe a 500 metres "outside fort", sans boire une dizaine de chais et passer au minimum deux heures a discuter en chemin. Toute une expedition pour ecrire un mail... voila l'une des raisons pour lesquelles j'ai si peu donne de nouvelles pendant tout ce temps...

''Photos:

1. Salon Hotel Surja, 2. Ju Cuisine, 3. Terrasse Hotel Surja, 4. Razul et moi, 5. Karan, 6. Bah, 7. Laxman, 8. Ana , 9.Radj et Laxman, 10. Sawai, 11. Pankaish, 12. Deeleep de Chai Bar, 13. India et Sarup, 14. Ariya, 15. Kusum, 16. Mery Christina, 17. Rampatti, son petit dernier et moi, 18. Famille de Rampatti, 19. Anniversaire de Dhai, 20. Sortie au lac avec Dhai et ses petits voisins, 21.Radjou et son nouvel ami, 22. BK, 23. Finu, 24. Tanu, 25. Matar.''

dimanche 1 juin 2008

JEUDI 13 MARS 2008 (INDE, Goa, Arambol)

Arambol.JPGDelhi-Madgao… surement le voyage en train le plus long que j'ai fait jusqu'a present (environ 40 h). Je passerai quasiment toutes ces heures allongee sur ma couchette "upstair" (couchette la plus haute sur un compartiment de huit places), ou l'on n'est pas forcemment tres a l'aise au niveau de l'espace, ou l'on ne voit ni le paysage et donc le nom de gares que l'on traverse (pas forcement tres pratique je l'avoue), mais au moins, du haut de mon perchoir, je me sens en securite et a l'abris des regards indiscrets!

Dans le compartiment voisin se trouvent Fabrizio et Milena, un couple d'Italiens d'une petite quarantaine d'annees, rencontre alors que je m'etais "provisoirement" trompee de compartiment…montee en marche au depart du train! Apres quelques discussions de routards autour d'une delicieuse papaye, nous decidons de nous retrouver le lendemain et de prendre le bus ensemble. Mais le lendemain…

Mon souhait etait de me rendre a Vasco de Gama, a quelques kilometres de Madgao, ville ou j'etais supposee descendre, d'apres ce qui etait indique sur mon billet de train. Ce que je n'ai pas fait, ayant juge que pour 30 minutes de trajet en plus, les controleurs (que je n'avais par ailleurs pas rencontre jusqu'a present) n'allaient pas me prendre la tete. Ces derniers sont bien evidemment pas de mon avis, et accompagnes d'un policier qui a l'air aussi aimable et souriant qu'eux, ils me reclament sur un ton tres autoritaire, une amende de 341 roupis. Ce n'est pas que je suis contre leur donner 7 euros (ce qui n'est finalement pas extremement cher pour une amende…du moins compare a la France), mais j'avoue que l'idee de leur donner une somme equivalant a plus des trois-quart du billet, me laisse un peu dubitative… Je tente dans un premier temps une negociation (regler la difference) puis, voyant que ces controleurs excellent dans leur boulot de businessmen (Goa est une region tres touristique ou les bakchichs rapportent gros!), je decide de me la jouer malhonnete… Je leur fais croire que j'ai loupe la gare (pas de reveil, je dormais)… Ce qui ne passe pas dans un premier temps… Mais devant ma tete de paumee (et je l'etais…le controleur m'avait reveille "brutalement" alors que je dormais profondement!) ils finiront par oublier l'amende et se proposeront gentillement de m'aider. Leur solution : me faire descendre du train dans une petite gare paumee, dans le but que je reprenne un train local en sens oppose. C'est de cette facon que je me retrouve au milieu de nulle part, a expliquer sur le quai.ma situation a Fabrizio et Milena, se trouvant encore dans le train (car eux, avaient regle l'amende…negociee moitie prix). Pas le temps d'echanger nos mails…c'est ainsi que nous nous quitterons…

ArambolVache.JPGJ'assume mon mensonge et attends patiemment le train pour Madgao, qui par chance, arrive 15 minutes plus tard. C'est a Goa, minuscule region du sud-ouest de l'Inde et ancienne colonie portugaise, que se trouvent Madgao et Arambol, ma supposee destination. Le petit cote portugais (amis portugais, bonjour! ;-) Fernande) se ressent tres vite : beaucoup d'eglises et tres peu de temples hindous, des catholiques "tres" pratiquants (messes quotidiennes et paroisses remplies), tres peu de femmes en saris…

Bizarrement, Goa me rappelle la region du Quintana Roo (Playa del Carmen, Mexique) : vegetation tres semblable, un climat lourd et une humidite qui te rend collant de sueur en permanence, un ciel couvert en fin d'apres-midi, des cocotiers et plages de sable blanc, plein de fruits delicieux, un rythme de vie tranquillou (genre : il fait trop chaud pour travailler!), le bruit des animaux de la foret-jungle que l'on entend surtout la nuit… et l'ocean… qui n'est certes pas aussi beau que la mer des Caraibes, mais qui est tout aussi chaud et a son petit cote ludique (vagues). Je suis forcement comblee!

Reshme.JPGJe suis un peu decue a mon arrive a Arambol. Le routard decrivait ce village comme un endroit tranquille et peu touristique (soit le dernier repere neo-hippies) mais mes premiers regards se dirigent sur la "grande rue commercial" (certes, des petits stands de vetements babos et autres babioles en tout genre, mais des commerces avant tout!), ainsi que sur les touristes que je croise en scooter, torse-nus pour les mecs , debadeur moulant et short ralatouf pour les filles. Desolee de caricaturer ce type de touristes, mais en les voyant et en etant contrainte de m'assimiler a la tribue des Occidentaux, j'avoue eprouver une certaine gene et honte vis-à-vis des locaux, qui bien qu'etant aujourd'hui habitues a cette degaine, ont toujours beaucoup de mal a l'accepter. Ou s'arrete le respect des cultures? … Ceci est un bien grand debat!

Mannu.JPGPuis, je me reconcilierai avec Arambol en decouvrant les plages tranquilles et le bonheur de nager dans l'Ocean, et en faisant la connaissance de Reshme et Manu, les adorables proprios de la "Om Shanti" guesthouse, situee sur la plage, ou je squatterai une petite semaine. Au programme : baignade, manger, farniente, discussions avec les amoureux d'Arambol (qui n'ont jamais eu le courage de partir après la saison), baignade, manger, farniente, manger, boire, farniente, discussions philosophiques interminables avec les personnes bourrees et quelques fois bien perchees qui errent d'hotels en guesthouses a la recherche d'une bonne ame qui s'aura les ecouter… Je n'ai quasiment pas decolee de "Om Shanti", et ce durant cinq jours, car l'animation ne manquait pas : entre les histoires de coeur de Reshme; celles du couple d'Anglais tres sympatique, mais qui "s'aimaient moi non plus" en public, passant leur temps a boire, attirer l'attention sur leurs coups de gueule quelque peu violents, et finissant leur nuit (et forcement leur lendemain) a dormir assomes par du Valium; le Chilien en mal d'amour, quelques touristes en manque de cul bien relous, ou encore un Russe bien perche qui tentera a trois reprise d'entrer tel un animal dans ma chambre a l'heure de la sieste… Bref, des moments que je ne suis pas prete d'oublier… Fin de saison, attirance de mauvais karmas ou tout simplement pur hazard? Je n'aurai pas forcement un super souvenir des "soirees" d'Arambol… Avec une envie d'y revenir un jour, de sur, car le cadre est magnifique et les locaux vraiment excellents … mais cette fois-ci accompagnee!

En discuttant avec Manue, une Francaise rencontree quelques semaines plus tard a Katmandou, qui a sejourne une saison a Goa, j'apprendrai que la vie arambolienne (?) aurait pu etre toute autre, entre les fiestas musicales et parties de jonglage sur la plage, ou encore les soirees hippies dans la foret… A tester une prochaine fois!

OmShanti.JPG

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