VENDREDI 7 DECEMBRE (LA MAURITANIE, Nouakchott, Kaedi)
Par jalziza le jeudi 31 janvier 2008, 16:04 - L'AFRIQUE (nov. /dec. 2007) - Lien permanent
Après la frontière Marocaine, nous traversons sur plusieurs kilomètres un "no man’s land" où l’on peut voir au bord de la piste, de nombreuses carcasses de voitures, toutes désossées. Pas besoin d’attendre une ville pour se rendre compte que la Mauritanie est moins fortunée que le Maroc, il suffit de voir les infrastructues de la douane et police des frontières du pays : les fonctionnaires Mauritaniens travaillent dans de vieilles caravanes (récup’) ou sous des tentes Berbères. Et pas besoin d’attendre plus loin pour me rendre compte que je suis bien en Afrique puisque la première question du douanier, avant de me demander la raison de ma venue au pays, sera de me poser l’éternelle question: "tu es mariée ?"
Première halte, premier choc : celui de l’insalubrité des rues… Ici, et c’est le cas de tous les pays d’Afrique que j’ai traversé (bon, peut-être moins le Sénégal), il n’y a pas de collecte de déchets… Ce sont les chèvres et les vaches qui se chargent du boulot ! Encore aujourd’hui, quand je repense à ceci, je suis bien attristée et éprouve une certaine "haine" vis-à-vis des gouvernements africains, qui, au lieu de détourner de l’argent, feraient mieux de faire des efforts à ce sujet : cela permettrait sûrement de réduire, entre autres, certaines maladies "curables" dont meurent encore aujourd’hui "trop" d’Africains !
A Nouakchott, petite galère pour retirer de l’argent car aucun distributeur n’accepte de carte bleue (on est pourtant dans la capitale). Si seulement j’avais écouté mon cher grand frère qui me conseillait d’emmener avec moi quelques coupures d’Euros ! C’est finalement Stéphane qui m’avancera un peu d’agent (mille mercis à toi! )
Avant que nos chemins ne se séparent, nous faisons halte dans une auberge où je m’aperçois, vu le nombre de Français qui y séjourne, que la vente de voitures est un business très courant en Afrique de l’Ouest. Personnellement, moi ça m’arrange : je profite de l’occasion pour poursuivre ma route avec l’un d’entre eux. J’attendrai ensuite trois heures dans un petit bled, le temps que le taxi collectif ne se remplisse : même 504 break qu’au Maroc mais avec trois passagers en plus !

Après plus de cinq jours de voyage, je suis contente d’arriver à Kaedi, où m’attend Luca (ex-colloc’ de Toulouse de Perrine) qui effectue une mission pour la Croix Rouge en tant qu’infirmier. Cette fois, il ne travaille pas sur le terrain, mais monte un projet ayant pour objectif de soigner dans un futur proche, les enfants de la Région de Kaedi atteints de malnutrition.
Petit WE de repos : farniente, ballade sur les bords du fleuve et au marché avec Luca et ses collègues Murielle (Croix Rouge) et Rica (Allemande, en charge de l’accueil des réfugiés politiques). Luca s’assurera, avant de me laisser repartir, que mon moral et ma santé sont bons, même s’il juge un peu fou mon souhait de rejoindre l’Europe par la route (traversée de l’Algérie) et d’effectuer ce voyage en Afrique en si peu de temps. Moi, ça me paraissait faisable : j’aurais fait n’importe quoi pour atteindre la Guinée et y retrouver Adama, les kilomètres ne me faisant pas peur. C’est plus tard que je comprendrai ce qu’il a voulu me dire…