JEUDI 17 JANVIER 2008 (TURQUIE: Kumru, Erzurum)
Par jalziza le vendredi 18 avril 2008, 15:08 - LA TURQUIE (jan./fev. 2008) - Lien permanent
J arrive donc a Kumru en debut de matinee, ou le pere d Olgun (ami de Saint-Claude) m attend. Je suis contente de retrouver Kemal et Bedriye, que j avais croise dernierement au Maroc, chez leur fille ainee. Apres avoir travaille plus de 30 ans dans le Jura, Kemal et sa femme etaient revenus au pays. C est amusant comme ce coin ressemble au Haut-Jura! Les parents d Olgun habitent sur les hauteurs de Kumru, dans une petite ferme bien agreable...
Kemal a une vingtaine de moutons dont il prend plaisir a s occuper: la joie se lit sur son visage lorsqu il nourrit le dernier-ne.
L energie de Bedriye est inepuisable... Outre les taches menageres et le coup de main qu elle donne a la ferme, elle passe son temps a faire des petits gateaux et du chai pour les nombreux invites... et elle ne s arrete jamais! Et m impressionne beaucoup!
Je resterai cinq jours a la ferme, profitant des cours de cuisine et de tricot de Bedriye, des apres-midis entre femmes avec les voisines tres talentueuses de cette derniere (tricot, dentelles, decoration sur foulard) et du calme de la campagne. Je serai bien evidemment couverte de cadeaux a chaque invitation... dont deux foulards que je porterai tout au long de mon sejour en Turquie! Si ca peut eloigner quelques hommes, je suis preneuse!
Environ un kilo pris par jour...je crois que je n ai jamais autant mange de toute ma vie... A peine levee et ce, jusqu a l heure du coucher, j avais toujours quelque chose a la bouche...Voici le rythme de mes journees: petit-dejeuner, preparation de gateaux...et donc degustation, gouter et "cai" chez une voisine, puis une autre, repas copieux vers 17h, puis difficile de resister aux marrons cuits au poele, puis cassage de noisettes ou de noix... et donc degustation, puis "cai" et fruits, puis dans la soiree...grignotage de chips, fruits, sodas et "cai"...
Moi qui suis gourmande...j ai meme eu du mal a tenir le rythme!
Bedriye etait contente de m accueillir et prenait soin de moi telle sa fille (comme elle aimait me le repeter), venant jusqu a me border le soir... Difficile de resister a son sourire et a la tendresse de ses gestes, j ai fini par l appeler "Ane" (maman)... Je l adore!
Cette petite semaine de repos m a fait grand bien et je serais restee avec grand plaisir... mais il est temps pour moi de repartir...
Kemal me raccompagne a la gare, refuse que je paye mon billet et s assure que je ne manque de rien avant de me laisser partir... Olgun, tes parents sont formidables!
Dans le bus pour Erzurum, je fais la connaissance d Ozlem, une jeune etudiante qui me propose un hebergement, inquiete de me voir errer dans les rues a une heure aussi tardive (il est pourtant que 21h) et par le froid qu il fait (-30 degre)... Loin de penser que son toit etait en fait une residence universitaire, j atteris dans une petite chambre de CROUS qu Ozlem partage avec trois autres collocataires: Merve, Nazli et Handan. Apres avoir montre mon passeport au Directeur, plus par pretexte de boire un "cai" avec lui, que par pure formalite, ce dernier accepte que je passe la nuit dans la Cite. Difficile de faire de meme en France, a moins de frauder!
Exceptees les grandes villes comme Istanbul ou les jeunes se sont tres occidentalisees, l Est de la Turquie tient quand-meme a ses traditions et il est assez rare de rencontrer des femmes emancipees. Certaines femmes que j ai croise sur la route m ont meme demande de me couvrir les cheveux!
Je suis donc agreablement surprise de constater que la nouvelle generation de femmes de l Est est vraiment tres ouverte. Et mis a part Nazli qui porte le voile par pure conviction (non celle de ses parents ou de son copain qui desespere de la voir agir ainsi), les autres etudiantes sont habillees tres fashion style, et fument meme des clopes en public!
Conversation de filles jusqu a 5h du matin... ma vie sentimentale et mon parcours semblent les passionner... Je me sentirai quand-meme obligee de leur cacher certaines choses pour ne pas trop les choquer. Le lendemain, visite de la ville d Erzurum avec les filles, qui me raccompagnent ensuite a la gare routiere. La-bas, prise de tete entre Ozlem et le chauffeur de bus de la veille (qu elle connait ni d Eve ni d Adam) qui reproche a cette derniere d etre une mauvaise fille car elle a fume des cigarettes en cours de route...
La lutte est loin d etre gagnee... Bon courage Bayan!!!
Commentaires
Tu sais que ta soeur Perrine mène une mauvaise vie ?
L'autre jour elle est partie au marché à St-Claude sans foulard et sans être accompagnée de quelqu'un de la famille pour la surveiller. Elle s'est même permise de parler à un homme (heureusement c'était Jean-Phi).