Arambol.JPGDelhi-Madgao… surement le voyage en train le plus long que j'ai fait jusqu'a present (environ 40 h). Je passerai quasiment toutes ces heures allongee sur ma couchette "upstair" (couchette la plus haute sur un compartiment de huit places), ou l'on n'est pas forcemment tres a l'aise au niveau de l'espace, ou l'on ne voit ni le paysage et donc le nom de gares que l'on traverse (pas forcement tres pratique je l'avoue), mais au moins, du haut de mon perchoir, je me sens en securite et a l'abris des regards indiscrets!

Dans le compartiment voisin se trouvent Fabrizio et Milena, un couple d'Italiens d'une petite quarantaine d'annees, rencontre alors que je m'etais "provisoirement" trompee de compartiment…montee en marche au depart du train! Apres quelques discussions de routards autour d'une delicieuse papaye, nous decidons de nous retrouver le lendemain et de prendre le bus ensemble. Mais le lendemain…

Mon souhait etait de me rendre a Vasco de Gama, a quelques kilometres de Madgao, ville ou j'etais supposee descendre, d'apres ce qui etait indique sur mon billet de train. Ce que je n'ai pas fait, ayant juge que pour 30 minutes de trajet en plus, les controleurs (que je n'avais par ailleurs pas rencontre jusqu'a present) n'allaient pas me prendre la tete. Ces derniers sont bien evidemment pas de mon avis, et accompagnes d'un policier qui a l'air aussi aimable et souriant qu'eux, ils me reclament sur un ton tres autoritaire, une amende de 341 roupis. Ce n'est pas que je suis contre leur donner 7 euros (ce qui n'est finalement pas extremement cher pour une amende…du moins compare a la France), mais j'avoue que l'idee de leur donner une somme equivalant a plus des trois-quart du billet, me laisse un peu dubitative… Je tente dans un premier temps une negociation (regler la difference) puis, voyant que ces controleurs excellent dans leur boulot de businessmen (Goa est une region tres touristique ou les bakchichs rapportent gros!), je decide de me la jouer malhonnete… Je leur fais croire que j'ai loupe la gare (pas de reveil, je dormais)… Ce qui ne passe pas dans un premier temps… Mais devant ma tete de paumee (et je l'etais…le controleur m'avait reveille "brutalement" alors que je dormais profondement!) ils finiront par oublier l'amende et se proposeront gentillement de m'aider. Leur solution : me faire descendre du train dans une petite gare paumee, dans le but que je reprenne un train local en sens oppose. C'est de cette facon que je me retrouve au milieu de nulle part, a expliquer sur le quai.ma situation a Fabrizio et Milena, se trouvant encore dans le train (car eux, avaient regle l'amende…negociee moitie prix). Pas le temps d'echanger nos mails…c'est ainsi que nous nous quitterons…

ArambolVache.JPGJ'assume mon mensonge et attends patiemment le train pour Madgao, qui par chance, arrive 15 minutes plus tard. C'est a Goa, minuscule region du sud-ouest de l'Inde et ancienne colonie portugaise, que se trouvent Madgao et Arambol, ma supposee destination. Le petit cote portugais (amis portugais, bonjour! ;-) Fernande) se ressent tres vite : beaucoup d'eglises et tres peu de temples hindous, des catholiques "tres" pratiquants (messes quotidiennes et paroisses remplies), tres peu de femmes en saris…

Bizarrement, Goa me rappelle la region du Quintana Roo (Playa del Carmen, Mexique) : vegetation tres semblable, un climat lourd et une humidite qui te rend collant de sueur en permanence, un ciel couvert en fin d'apres-midi, des cocotiers et plages de sable blanc, plein de fruits delicieux, un rythme de vie tranquillou (genre : il fait trop chaud pour travailler!), le bruit des animaux de la foret-jungle que l'on entend surtout la nuit… et l'ocean… qui n'est certes pas aussi beau que la mer des Caraibes, mais qui est tout aussi chaud et a son petit cote ludique (vagues). Je suis forcement comblee!

Reshme.JPGJe suis un peu decue a mon arrive a Arambol. Le routard decrivait ce village comme un endroit tranquille et peu touristique (soit le dernier repere neo-hippies) mais mes premiers regards se dirigent sur la "grande rue commercial" (certes, des petits stands de vetements babos et autres babioles en tout genre, mais des commerces avant tout!), ainsi que sur les touristes que je croise en scooter, torse-nus pour les mecs , debadeur moulant et short ralatouf pour les filles. Desolee de caricaturer ce type de touristes, mais en les voyant et en etant contrainte de m'assimiler a la tribue des Occidentaux, j'avoue eprouver une certaine gene et honte vis-à-vis des locaux, qui bien qu'etant aujourd'hui habitues a cette degaine, ont toujours beaucoup de mal a l'accepter. Ou s'arrete le respect des cultures? … Ceci est un bien grand debat!

Mannu.JPGPuis, je me reconcilierai avec Arambol en decouvrant les plages tranquilles et le bonheur de nager dans l'Ocean, et en faisant la connaissance de Reshme et Manu, les adorables proprios de la "Om Shanti" guesthouse, situee sur la plage, ou je squatterai une petite semaine. Au programme : baignade, manger, farniente, discussions avec les amoureux d'Arambol (qui n'ont jamais eu le courage de partir après la saison), baignade, manger, farniente, manger, boire, farniente, discussions philosophiques interminables avec les personnes bourrees et quelques fois bien perchees qui errent d'hotels en guesthouses a la recherche d'une bonne ame qui s'aura les ecouter… Je n'ai quasiment pas decolee de "Om Shanti", et ce durant cinq jours, car l'animation ne manquait pas : entre les histoires de coeur de Reshme; celles du couple d'Anglais tres sympatique, mais qui "s'aimaient moi non plus" en public, passant leur temps a boire, attirer l'attention sur leurs coups de gueule quelque peu violents, et finissant leur nuit (et forcement leur lendemain) a dormir assomes par du Valium; le Chilien en mal d'amour, quelques touristes en manque de cul bien relous, ou encore un Russe bien perche qui tentera a trois reprise d'entrer tel un animal dans ma chambre a l'heure de la sieste… Bref, des moments que je ne suis pas prete d'oublier… Fin de saison, attirance de mauvais karmas ou tout simplement pur hazard? Je n'aurai pas forcement un super souvenir des "soirees" d'Arambol… Avec une envie d'y revenir un jour, de sur, car le cadre est magnifique et les locaux vraiment excellents … mais cette fois-ci accompagnee!

En discuttant avec Manue, une Francaise rencontree quelques semaines plus tard a Katmandou, qui a sejourne une saison a Goa, j'apprendrai que la vie arambolienne (?) aurait pu etre toute autre, entre les fiestas musicales et parties de jonglage sur la plage, ou encore les soirees hippies dans la foret… A tester une prochaine fois!

OmShanti.JPG