MERCREDI 20 MAI (MEXICO : Chihuahua, El Creel, Copper Canyon, San Crisobal, Agua Azul)
Par jalziza le mardi 23 juin 2009, 20:50 - LE MEXIQUE (mai 2009) - Lien permanent
De los Angeles, je me retrouve très vite à la frontière mexicaine. N'étant pas en manque de "tequila, sex o Marijuana", je ne m'arrête finalement pas à Tijuana et décide de tracer ma route.
Ville typiquement mexicaine mais pas touristique pour un sou, Chihuahua est le lieu de départ de la petite "micheline" nord-mexicaine qui traverse le Copper Canyon à une vitesse folle de ... 30 km/h!
Premier arrêt al Creel, où je serai contrainte d'y passer une petite semaine comme la banque ne m'accorde pas de retrait! Ne pouvant de ce fait profiter des nombreuses excursions que propose la région (canyon, lac, cascade, bassin d'eaux thermales), mis à part une petite balade à pied à l'église de San Ignacio... je passe la plupart de mon temps à chill out (farniente) le reste de la semaine Je fais la connaissance d'Angie, une Mexicaine de Guadalajara qui a récemment ouvert un petit café en ville, son copain british Carlos (mon colloc' à l'auberge), Roberto alias Bob (l'Américain sexagénaire sédentarisé au Creel depuis 4 ans) et bien sûr son chien Bush, qui nous suivait partout et qui n'était en fait pas le sien!
Petit kawa, live music au restau, rédaction de mon journal (en stand by depuis 11 mois), chilloute à mort... tout ceci dans une ambiance de western (cow-boy, chevaux, charrues...), j'ai finalement bien apprécié ce petit séjour forcé à la montagne!
Je n'ai maintenant plus que deux semaines pour retrouver Delphine à Cuba, et comme je souhaite faire une halte en Jamaïque, il ne faut pas que je traine trop. Mais bon, je suis dans l'incapacité complète de ne pas passer au Chiapas... Je m'enchaine donc deux jours de bus non stop, avec une escale obligatoire à
Mexico D.F. pour les connexions avec le sud. Moi qui préfèrais ne pas y passer pour éviter de choper le virus du H1N1 qui se baladait encore sûrement dans les nuages de polution de la mégalopole... me voilà obligée d'y passer la nuit. Je suis vite rassurée en constatant que les porcs s'étaient remis de leur crève et que ce n'etait plus "le" sujet de conversation comme ce fut le cas une semaine auparavant.
Ah! Mi Chiapas querido! Du pur bonheur de revenir à San Cristobal de las Casas. Situé dans les montagnes du sud-est mexicain, le Chiapas a beau être une région très fertile et donc "la" région agricole du pays, c'est aussi une des régions les plus pauvres du Mexique. Les nombreuses communautés indigènes qui y vivent et y travaillent la terre sont encore aujourd'hui exploitées par les grands propriétaires terriens. La plupart d'entre eux vivent en dessous du seuil de pauvreté. Ce combat contre l'inégalité fut celui du Commandant Marcos et de ses compagnons Zapatistes lors de la révolution de janvier 1994. Aujourd'hui en stand-by ou en lutte "tranquille" . Ils se nomment les "Caracoles" (escargots... doucement, mais sûrement) et ils n'ont toujours pas baissé les bras!
Faute de n'avoir pu faire un séjour humanitaire comme je l'avais prévu depuis plus d'un an, je décide d'aller passer la journée dans un petit village situé dans les montagnes à deux heures de San Cristobal, Q.G. des Zapatistes.


Deux paysannes masquées d'un bandana gardent l'entrée du village. Mon rêve aurait pu s'arrêter là car je n'avais pas mon passeport sur moi. Mais à force d'insister auprès du gardien qui est à la réception, également masqué, je finis par entrer une fois sa demande faite auprès de ses suppérieurs. Puis, après avoir rempli des papiers, celui-ci m'emmène vers une maison en bois, où il me prie d'attendre sur un banc... La porte s'ouvre enfin après quelques minutes d'attente. Pour être autorisée à séjourner dans le village, je passe un entretien auprès de cinq officiers cagoulés (trois femmes et deux hommes). Ils me questionnent sur mes motivations puis nous abordons un échange fort intéressant concernant les projets et avancées du mouvement. Je suis agréablement surprise de voir comment les Zapatistes ont su s'organiser sans l'aide de l'Etat... De l'école à la pharmacie en passant par les coopératives artisanales, nos Caracoles se sont bien débrouillés. L'autogestion se passe bien. Et avis aux intéressés... La lucha sigue!!!
A défaut de ne pouvoir m'entretenir avec Marcos (caché dans ses montagnes), je fais quelques achats dans l'une des coopératives et me promène dans le sympatique village... Toutes les façades des maisons sont peintes de façon à promouvoir leur propagande révolutionnaire! Je suis comblée.
Je ne pouvais quitter le Chiapas sans avoir revu "Agua Azul", cascades situées au milieu de la fôret tropicale, supposées être de couleur turquoise mais qui étaient plutôt d'un ton café les deux fois oú j'étais venue (2000 et 2005). Chance pour moi, malgré le début de la saison des pluies, les cascades étaient comme je les avais espérées.
Je décide de ne pas m'arrêter à Playa del Carmen (car je me dis qu'il vaut mieux prendre le temps au retour) et préfère pousser jusqu'à Cancun. Je pensais qu'il y avait là-bas des ferries qui faisaient la traversée jusqu'en Jamaïque, mais comme ce n'est pas le cas et que les vols depuis Cancun sont extrémement hors de prix, je n'ai pas d'autres choix que de voler jusqu'à Cuba.
Histoire d'entretenir la réputation que rien ne m'est facile aux frontières, on m'accorde une petite séquence stress au moment d'enregistrer mes bagages : j'étais en effet rentrée illégalement et sans le savoir sur le territoire mexicain. Comme le visa américain m'autorisait un séjour de 90 jours aux USA et qu'il incluait le Mexique et le Canada, je pensais que ce visa était commun à ces trois pays, que c'était un accord entre eux. Je ne me rappelais pas avoir rempli de papier au Canada ni m'être fait tamponné mon passeport à l'entrée au Mexique. Et par ailleurs, comme le douanier Mexicain de Tijuana avait contrôlé mes bagages et mon passeport et ne m'avait fait aucune remarque, je ne m'étais pas inquiétée. Ah les blaireaux, si je puis me permettre : ça me vaudra une amende de 45 $ ! Et comme je n'ai pas le temps de négocier au risque de manquer mon vol, j'aligne cash les bifftons et saute dans l'avion!

Photos :
1. Paysage nord mexicain. 2. Micheline Chihuahua-Los Mochis. 3. Copper Canyon. 4. Eglise de San Ignacio, El Creel. 5. Roberto, El Creel. 6. Angie, El Creel, Cate de mi corazon. 7. Carlos, El Creel. 8. San Ignacio, El Creel. 9. Cactus, vue du train El Creel-Los Mochis. 10. Eglise de San Cristobal, Chiapas. 11. Agua Azul, Chiapas. 12-15. Q.G. Zapatistas, Chiapas.



Commentaires
Oz, Mexico.... Et aprés? Népal ou France?
hello, ma belle, à ce que je vois tu te régale toujours autant,tu finirais par devenir révolutionnaire!!!! mais je te comprends lorsque l'on voit toutes les injustices au travers des pays ou tu passes, il serait de bon ton de ne pas nous plaindre et d'etre heureux de vivre dans un pays libre ou beaucoup de choses nous sont permises. bonne continuation et je sais que maintenant à très bientot. gros bisous. Fernande.
Ananda...
Je rentre en France, ou mon destin sentimental m appelle. Par contre je serai au Nepal en Aout ou septembre 2010, comme prévu! Tu viens?
Quel voyage et quelles belles photos!Bravo pour ton courage, pas facile de traverser certains pays toute seule.
N'hésite pas à poster tes photos sur Trivago, un site de voyages participatif où d'autres mordus de l'aventure seront ravis de les découvrir.
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